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NE PAS DIFFUSER AVANT 14h00, heure normale de l'Est des tats-Unis Le jeudi 4 juillet 2002

Gros cerveaux indispensables ? Troisième et plus petit crâne des « Premiers Eurasiens » décrit dans la revue Science



Frontal view of the third Homo erectus skull found in Dmanisi, Georgia. Science

Le crne et la mchoire dun tre de petite taille et de faible corpulence, dcouverts sur un site archologique Dmanisi, en Gorgie, pourraient remettre en cause la thorie largement prdominante selon laquelle un cerveau plus gros tait la base de la migration de nos anctres hors de lAfrique. Une quipe de chercheurs internationaux dcrit ses dcouvertes dans la revue Science publie par lAmerican Association for the Advancement of Science.

Les scientifiques ont dcouvert une personne de petite taille, avec un petit cerveau, une arcade sourcilire basse, un nez court et des canines normes, rvle un des coauteurs de l'article, David Lordkipanidze de lAcadmie des sciences de Gorgie Tbilisi. Il sagit du troisime spcimen dcouvert sur ce site. Comparativement, les deux premiers crnes dcouverts offraient plus de place pour un cerveau relativement plus gros.

Les trois spcimens sont gs d'environ 1,75 million dannes, ce qui reprsente le plus grand groupe de personnes dcouvertes sur un mme site et datant de plus de 800.000 ans. Lordkipanidze et ses collgues en ont dduit que les trois individus appartiennent la mme espce, lHomo erectus, qui semble tre la premire espce hominide avoir quitt lAfrique. Les fossiles de Dmanisi ressemblent de prs la version africaine de lHomo erectus appele lHomo ergaster.

Nous disposons maintenant dune belle collection qui regroupe trois crnes et trois mchoires, ce qui nous permet de bien tudier la question [de savoir comment classifier les premiers hominids] , dclare Lordkipanidze. Ces questions sont souvent bases sur des dcouvertes isoles, mais nous avons maintenant la possibilit dtudier une population.

Le cerveau du nouveau spcimen de Dmanisi mesurait probablement environ 600 centimtres cubes, alors que le cerveau de lhomme daujourdhui est au moins deux fois plus gros, daprs Lordkipanidze. Le cerveau des deux autres spcimens mesurait environ 800 centimtres cubes.

Les scientifiques ont suggr que lvolution des plus gros cerveaux tait directement lie la migration de nos anctres hors de lAfrique. Daprs ce scnario, une intelligence accrue a permis ces hommes de sadapter de nouveaux environnements.

La petite taille du nouveau crne dcouvert suggre que llargissement du cerveau ntait pas la seule raison du dpart de lAfrique. Je pense quil existe un ensemble de facteurs, plutt quun seul, qui aient forc le dpart des peuples dAfrique , explique Lordkipanidze.

Les nouveaux fossiles offrent galement un rare aperu de la diversit de lespce humaine primitive. Alors que nous admettons sans discussion que lhomme moderne se prsente sous diffrentes formes et tailles, les scientifiques ne savent que peu de choses sur les diffrences individuelles chez nos anctres.

Nous observons principalement des diffrences de taille, et non de morphologie , dclare Lordkipanidze. Pour lheure, lhypothse que je dveloppe est quil y avait des variations au sein de la population.

Avant les dcouvertes faites Dmanisi (Leo Gabunia et ses collgues ont fait part des deux premires dans le numro du 12 mai 2000 de la revue Science), les chercheurs croyaient gnralement que les premiers tres humains taient partis dAfrique il y a seulement environ un million dannes et quils disposaient de gros cerveaux et doutils en pierre relativement perfectionns.

Les outils dcouverts Dmanisi font partie de la varit pierres coupantes , similaires aux outils Oldowan d Afrique orientale.

Le crne et la mchoire sont extraordinairement bien conservs, en partie grce la solide couche de calcaire qui les protgeait contre lhabituelle compaction qui se produit au fil du temps dans les roches sdimentaires. Outre les fossiles hominids, les auteurs de larticle de Science ont galement dcouvert les restes despces anciennes de rhinocros, biches, chevaux et machairodontes.

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Les autres auteurs de larticle sont Abesalom Vekua, Givi Maisuradze, Alexander Mouskhelishvili, Medea Nioradze et Merab Tvalchrelidze, de lAcadmie des sciences de Gorgie, Tbilisi en Gorgie ; G. Philip Rightmire, de Binghamton University, Binghamton, New York, tats-Unis ; Jordi Agusti, de lInstitut de palontologie M. Crusafont, Sabadell en Espagne ; Reid Ferring, de lUniversity of North Texas, Denton, Texas, tats-Unis ; Marcia Ponce de Leon et Christoph Zollikofer, de lUniversit Zrich-Irchel, Zurich en Suisse ; et Martha Tappen, de lUniversit du Minnesota, Minneapolis, Minnesota, tats-Unis.

Ces recherches ont t finances par lAcadmie des sciences de Gorgie, la National Geographic Society, la Fondation Leakey, la Fondation Fulbright, le ministre des Sciences espagnol, Generalitat de Catalunya, lUniversit de Zurich, le Eckler Fund of Binghamton University, lAmerican School of Prehistoric Research et le Peabody Museum of Harvard University.