[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 23 Septembre 2004

Contact: Jessica Lawrence-Hurt
jlawrenc@aaas.org
1-202-326-7088
American Association for the Advancement of Science

La découverte d’un prédateur marin au long cou fossile en Chine décrite dans Science



Copyright AAAS/Science/ Illustration: Carin L. Cain

Full size image available through contact

Des scientifiques ont découvert le fossile d'un reptile marin au cou allongé et doté de crocs qui se nourrissait probablement de poissons et de calmars il y a plus de 230 millions d'années dans les eaux peu profondes d'une mer située dans le Sud-Est de la Chine actuelle. Son cou relativement rigide mesurait 1,7 mètres, soit presque le double de son tronc. Cette découverte est relatée dans un article " Brevia " de la revue Science du 24 septembre 2004 publiée par l'AAAS, la société scientifique à but non lucratif.

Il s'agit du premier représentant entièrement marin trouvé chez les protorosaures, un groupe de reptiles variés qui se caractérisaient par un long cou à vertèbres allongées. Sa comparaison avec d'autres protorosaures d'Europe et le Tanystropheus du Moyen-Orient s'avère instructive sur les stratégies de chasse des protorosaures ainsi que sur l'évolution et la diversité de ce groupe au cours du Trias.

Les côtes particulières associées aux vertèbres cervicales de cette nouvelle créature pourraient l'avoir aidé dans sa chasse aquatique. Selon l'un des auteurs, Olivier Rieppel du Field Museum de Chicago dans l'Illinois, la stratégie utilisée par le prédateur qu'ils proposent dans l'article pourrait faire revoir certaines conclusions sur la manière dont le Tanystropheus et d'autres protorosaures se servaient de leur long cou au cours de la chasse.

Le reptile a été découvert en deux étapes par un autre signataire de l'article, Chun Li de l'Académie des sciences chinoise à Beijing. Il a d'abord appelé la créature Dinocephalosaurus orientalis, ce qui signifie " lézard à tête terrible de l'Orient ", lorsqu'il a trouvé un crâne de 23,5 centimètres de longueur en automne 2002 dans la formation de Guanling, située dans la province chinoise de Guizhou. Trois crocs étaient encore en place dans la mâchoire supérieure et mesuraient, de l'avant à l'arrière, 1,5 centimètres, 2,8 et 2,3 centimètres de longueur.

Plus tard dans l'année, dans le même calcaire marin, Chun Li a découvert un exemplaire presque complet du squelette du premier protorosaure chinois dont le crâne mesurait 15,5 centimètres de long.

Alors que Tanystropheus avait un cou du style de celui de la girafe, avec un nombre limité à douze de vertèbres cervicales très allongées, le nouveau fossile en présente 25 moins longues.

Avec ses membres relativement courts et larges, contenant peu d'os, le Dinocephalosaurus paraît plus adapté à la vie aquatique que les autres protorosaures, mais il est possible selon Chun Li qu'il ait pu s'aventurer sur la terre ferme pour y pondre ses œufs.

Pour respirer, le Dinocephalosaurus tenait probablement son cou parallèle à la surface de l'eau car, en position verticale, la pression de l'eau environnante n'aurait pas permis aux poumons de se gonfler.

Le Dinocephalosaurus et le Tanystropheus avaient aussi des os semblables à des côtes dans le prolongement des vertèbres cervicales qui devaient restreindre les mouvements de leur cou. Ces côtes évitaient la flexibilité extrême du cou que l'on peut voir chez le héron par exemple.

Les auteurs indiquent que le long cou de Dinocephalosaurus jouait probablement un rôle dans la chasse et ils avancent pour cela deux stratégies possibles.

Avec son cou effilé et sa petite tête, le reptile pouvait peut-être se faufiler et happer un poisson ou une autre proie avant que le gros de sa silhouette n'ait fait fuir son repas potentiel.

La disposition des dents et des crocs du Dinocephalosaurus, qui diffère de celle des autres protorosaures, laisse penser que l'animal attaquait avec un coup de mâchoire latéral comme les crocodiles.

Michael LaBarbera, de l'Université de Chicago dans l'Illinois et co-auteur de l'étude, propose une seconde stratégie de chasse qui aurait fait intervenir les côtes mobiles situées des deux côtés du cou. Dans cette hypothèse, la contraction des muscles du cou chez Dinocephalosaurus pouvait rapidement le raidir et écarter ses côtes, ce qui accroissait suffisamment le volume de la gorge pour permettre à l'animal d'avaler l'onde de pression créée par le déplacement de sa tête vers l'avant. En absorbant sa propre onde de pression qui aurait autrement signalé son approche, le prédateur pouvait peut-être porter des coups presque imperceptibles pour les poissons.

Bien qu'il soit difficile d'ajouter des muscles à un fossile qui en présente peu ou pas de traces, et que cette tâche soit rendue encore plus ardue par l'absence d'animaux équivalents de nos jours, Rieppel précise que leurs idées se fondent sur l'étude des structures osseuses préservées, de la biomécanique et du caractère complexe de la chasse dans l'eau, un milieu dense qui peut alerter les proies de la présence d'un prédateur bien avant qu'il ne frappe.

Chun Li est à l'Institut de Paléontologie des Vertébrés et de Paléoanthropologie de l'Académie des sciences chinoise à Beijing en Chine, Olivier Rieppel est au Field Museum de Chicago dans l'Illinois et Michael LaBarbara à l'Université de Chicago dans l'Illinois, aux États-Unis.

###

L'American Association for the Advancement of Science (AAAS) est la plus grande société scientifique du monde et édite la revue Science (www.sciencemag.org). L'AAAS, fondée en 1848, est au service de 10 millions de personnes au travers de 265 sociétés et académies des sciences affiliées. Science est la revue générale scientifique à comité de lecture la plus vendue dans le monde, avec un lectorat total estimé à un million de personnes. L'AAAS (www.aaas.org), à but non lucratif, est ouverte à tous et remplit sa mission de " faire avancer la science et de servir la société " par le biais notamment d'initiatives dans les politiques scientifiques, de programmes internationaux et de l'éducation scientifique. Pour les dernières nouvelles de la recherche scientifique, visitez Eurekalert!, www.eurekalert.org, le premier site web d'actualités scientifiques qui est aussi un service fourni par l'AAAS.


[ Back to EurekAlert! ]