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Ce communiqué est aussi disponible en anglais.
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Lilongwe, Malawi (13 décembre 2007) — Dans un effort intensif pour redonner une impulsion à l’agriculture à petite échelle et aux marchés agricoles fortement entravés par la rareté et les coûts élevés des fournitures et équipements agricoles de base comme les semences, les outils et les engrais, l’Alliance pour la révolution verte en Afrique (AGRA) a accordé 13 millions $US de subventions pour créer à l’échelle nationale des réseaux d’agro-commerçants au Malawi, en Tanzanie et au Kenya.
« Les programmes des trois pays visent une croissance de 30 pour cent du revenu des petits exploitants, une réduction de 40 à 50 pour cent de la distance moyenne que doivent parcourir les paysans pour acheter les fournitures et les équipements agricoles, et une baisse allant jusqu’à 15 pour cent du prix des intrants en trois ans », a déclaré A. Namanga Ngongi, le nouveau président de l’AGRA.
Ces agro-commerçants créeront de petites entreprises qui pourront atteindre les petits paysans dans les régions éloignées. Outre la vente à des prix abordables des fournitures et équipements agricoles nécessaires aux petits exploitants, les agro-commerçants seront formés à utiliser les intrants agricoles de manière sûre, efficace et sans danger pour l’environnement, et feront profiter les paysans de ces connaissances.
Ces réseaux d’agro-commerçants permettront aux agriculteurs pauvres d’avoir accès aux équipements et aux fournitures agricoles qui autrement seraient hors de leur portée. Il est courant que les exploitants dans les régions rurales parcourent de longues distances simplement pour pouvoir acheter des semences ou des engrais. Et arrivés à destination, ils constatent souvent que les magasins ne disposent pas des articles dont ils ont besoin ou qu’ils les vendent à des prix inabordables. L’incapacité d’avoir accès aux équipements et aux fournitures agricoles de base fait qu’il est pratiquement impossible aux petits exploitants d’accroître leurs rendements ou leurs revenus, ce qui contribue à renforcer une pauvreté déjà très répandue.
Le Programme agro-commerçants ( Agro-dealer Development Program (ADP)) de l’AGRA offrira aux petits détaillants qui s’établissent dans les communautés rurales – dont beaucoup sont également exploitants agricoles – la formation, le capital et les crédits qui leur sont nécessaires pour devenir des agro-commerçants certifiés. Ces agro-commerçants pourront à leur tour atteindre 1,6 millions de ménages ruraux et pourront aider quelques 8,8 millions d’agriculteurs et les membres de leur famille.
Objectifs ambitieux au Kenya, au Malawi et en Tanzanie
L’initiative du Malawi de 4,3 millions $US menée par le Rural market development trust (RUMARK) est axée sur la création d’un réseau de plus de 600 agro-commerçants, en partant d’un noyau actuel de 160.
Le programme de renforcement des agro-commerçants de 4,3 millions$ US de la Tanzanie (Tanzania Agro-dealer Strengthening Program (TASP)) créera un réseau de 840 agro-commerçants. Ce programme vise à transformer ce qui aujourd’hui est un système fragmenté de distribution des fournitures et équipements agricoles en un consortium d’entreprises plus étroitement liées. Le programme mettra l’accent sur une participation égale des hommes et des femmes et assurera que les femmes ont pleinement accès à la formation et au financement. Il cherchera également à donner aux paysans un plus large accès au programme de fourniture d’engrais du gouvernement tanzanien.
Le programme de renforcement des agro-commerçants du Kenya (KASP) utilisera sa subvention de 4,4 millions $US pour améliorer le réseau de 234 agro-commerçants existant concentrés à l’ouest du Kenya, et installer 1800 entreprises de fournitures et d’équipements agricoles dans 32 districts à travers le pays. Il travaillera également avec 10 « villages du millénaire », qui font partie du Projet des villages du millénaire de l’Earth Institute de l’université Columbia, pour accroître la durabilité économique de leur programme de subvention aux intrants agricoles.
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« Les programmes de renforcement des agro-commerçants bâtissent sur le succès initial important du Malawi, qui a vu le pays se transformer et passer d’une situation d’importateur net de maïs à celle d’exportateur net, et même devenir donateur d’aide alimentaire pour les pays voisins. Si le Malawi peut le faire, tout pays d’Afrique peut le faire », dit Akin Adesina, Vice Président de la politique et des partenariats de l’AGRA.
Revirement pour le maïs du Malawi
Le Malawi a connu une grosse crise alimentaire il y a quelques années suite à une sécheresse qui a laissé des millions de personnes en proie à la famine. En réponse, le gouvernement du Malawi a commencé à distribuer des engrais subventionnés et des semences améliorées pour aider les paysans pauvres. Simultanément, le RUMARK a commencé à former et à certifier des agro-commerçants qui pourraient ouvrir un magasin dans les régions éloignées, permettant aux paysans d’avoir accès aux fournitures et aux équipements agricoles.
En 2006/2007, le Malawi a fourni 60 millions $US aux paysans sous forme de subventions dîtes « intelligentes » ou « ciblées ». Avec ce système, les paysans peuvent échanger des bons émis par le gouvernement auprès d’agro-commerçants certifiés contre des fournitures et équipements agricoles partiellement subventionnés.
« Le système se tient réellement sur le plan économique et combine l’appui du secteur public aux paysans pauvres avec un système d’échange qui renforce le secteur privé », dit Adesina. Ceci contraste fortement avec les approches précédentes qui n’offraient de fournitures subventionnées qu’à travers les agences du gouvernement, se substituant au secteur privé ».
« Les résultats de tous ces efforts – plus les pluies abondantes et les politiques favorables du gouvernement du Malawi – ont été étonnants », dit Richard Chapweteka, directeur du RUMARK. « En 2006/07, le pays a enregistré un excédent de production de maïs de 1,4 million de tonnes métriques. Il a vendu pour 160 millions $ de maïs et a fait don de 10 000 tonnes métriques d’aide alimentaire à ses voisins le Lesotho et le Swaziland. »
En outre, le programme a montré qu’avec des niveaux de soutien modestes, l’entrepreneuriat agricole peut se développer au niveau de la base dans les zones rurales de l’Afrique.
« Il était important pour moi d’avoir une formation en gestion d’entreprise et sur les types de semences et d’engrais à vendre », dit Dinnah Kapiza qui a transformé son entreprise de vente de vêtements d’occasion en un magasin offrant une gamme complète de fournitures agricoles dans une région rurale du Malawi et qui aujourd’hui sert 600 petits exploitants. « J’ai également créé des liens avec les vulgarisateurs du gouvernement car les paysans demandent plus que des semences ou des engrais. Ils veulent des conseils sur les meilleures cultures à planter et les techniques agricoles qui permettront une bonne récolte ».
Cependant, même au Malawi, il reste encore beaucoup à faire pour élargir l’accès des paysans aux fournitures et aux équipements, ainsi qu’aux marchés au comptant à plus grande échelle, et pour améliorer l’accès aux sources de financement et au crédit. A cette fin, les programmes de renforcement des agro-commerçants dans les trois pays mettront en place une série d’outils de financement innovants.
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Faciliter le financement et les connexions avec le marché
Pour permettre un flux plus important de crédit vers les régions rurales et obtenir un capital de démarrage pour les paysans et les agro-commerçants, les programmes appuieront une série d’instruments de financement novateurs. Parmi lesquels, « des facilités de garantie » qui prévoient un partage des risques à parts égales avec les entreprises agricoles qui fournissent des intrants agricoles aux agro-commerçants dans les régions rurales. Au Malawi, les facilités de garantie ont enregistré d’excellents résultats dès le début. Au cours des cinq dernières années, depuis le lancement du programme financé par la Fondation Rockefeller, chaque dollar de crédit garanti a permis de générer 16 dollars de ventes de fournitures et équipements dans les régions rurales, avec un taux de non remboursement des prêts inférieur à 1,5 pour cent chez les agro-commerçants.
« Ceci est remarquable. Le gouvernement, les donateurs et les banques commerciales devraient maintenant étendre les prêts à ces agro-commerçants à l’échelon national », dit Alesina.
Les programmes utiliseront également des subventions de contrepartie pour des activités comme le stockage et le tri de produits et la transformation à petite échelle des denrées alimentaires. D’autres efforts permettront d’établir un lien entre les agro-commerçants et les entreprises de fournitures et d’équipements agricoles, en particulier les sociétés de semences locales qui distribuent des variétés conformes aux besoins des paysans locaux.
Dans chaque pays, les programmes englobent un grand nombre de partenaires, des associations commerciales aux organisations de recherche agricole et aux institutions financières. Le réseau à but non lucratif Citizens Network for Foreign Affairs sera chargé de la coordination des projets dans les trois pays.
« L’AGRA oeuvrera de concert avec les gouvernements pour développer ces réseaux. La croissance remarquable enregistrée avec l’expérience de production alimentaire au Malawi peut être reproduite ailleurs » dit Ngongi. « Le succès dépendra d’un soutien cohérent qui au fil des ans permettra aux paysans de générer régulièrement des excédents. Ce n’est qu’à ce moment là que pourra s’installer une croissance économique rurale plus forte et sur une base plus large et durable».
A propos de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique
L’AGRA est un partenariat dynamique œuvrant à travers le continent pour aider des millions de petits exploitants et leurs familles à s’affranchir de la pauvreté et de la faim. Les programmes de l’AGRA proposent des solutions pratiques pour augmenter la productivité et les revenus des pauvres tout en protégeant l’environnement. L’AGRA favorise les politiques qui appuient son œuvre à tous les niveaux importants de « la chaîne de valeur » de l’agriculture africaine : les semences, la fertilité des sols, l’eau, ainsi que les marchés, l’enseignement et la politique agricoles.
Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies est président du Conseil de l’AGRA. Bénéficiant du soutien de la Fondation Rockefeller et de la Fondation Bill & Melinda Gates, l’AGRA a des bureaux à Nairobi au Kenya et à Accra au Ghana. Pour de plus amples informations, allez sur www.agra-alliance.org .