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PUBLIC RELEASE DATE: 5 le octubre 2005

Des cellules souches qui marchent au poil

Ce communiqu de presse est galement disponible en anglais.

Et si on pouvait faire repousser des follicules pileux en utilisant des cellules souches? A partir d'un modle animal, une quipe de recherche mene par le professeur Yann Barrandon, directeur du Laboratoire de dynamique des cellules souches, conjoint au CHUV et l'EPFL, prouve qu'il est possible de tirer parti du mcanisme cellulaire des mammifres pour gnrer des poils et des cheveux volont et de faon durable. Cette recherche fait aujourd'hui la une de la revue amricaine Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

L'utilisation de cellules souches pour produire des follicules pileux n'est pas une premire. En 2001, une quipe de recherche franaise galement dirige par le professeur Barrandon tait parvenue gnrer, chez des souris, un morceau de peau contenant des poils et des glandes sbaces. Cette russite avait fait la une de la revue amricaine Cell, une rfrence dans le domaine des sciences du vivant.

Cette fois, les chercheurs lausannois ont franchi une tape supplmentaire en montrant que les follicules pileux contenaient des cellules souches adultes, les kratinocytes, dont les proprits se rvlent extrmement intressantes. En tudiant des vibrisses de rat, les scientifiques ont dcouvert qu'il tait possible de cultiver une varit extrmement prolifique de ces cellules, nommes holoclones. Cette varit a la facult de crer tous les types de cellules spcialises du systme pileux. Ces cellules ont la capacit de produire une norme descendance, tout en conservant l'intgralit de leur potentialit, une proprit indispensable pour qui veut utiliser des cellules souches adultes en mdecine.

Avec la progniture d'un seul holoclone, il est thoriquement possible de gnrer l'ensemble du bulbe capillaire chez un tre humain, et ce pour des annes, avance le professeur Barrandon. Chez les souris tudies, l'implantation de ces cellules dveloppes en culture a en effet permis de crer un bulbe capillaire qui suive des phases de croissance et de repos normales. Les cellules agissent donc sur la dure et permettent au systme pileux de se renouveler continuellement.

Avec cette dmonstration, l'quipe du professeur Barrandon ouvre des perspectives qui dpassent la seule dimension esthtique. La mthode pourrait un jour tre utilise pour rgnrer le systme pileux de patients, par exemple des grands brls. Elle se rvlerait un complment parfait la reconstruction de tissus et d'organes lss, domaine dans lequel le Laboratoire de dynamique des cellules souches a acquis une grande expertise. Une preuve de plus que la collaboration des institutions de recherche lausannoises, alliant recherche fondamentale et clinique, permet d'aboutir des modles innovants dans le domaine de la sant.

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