[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: le 25 mars 2003

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541-962-6531
USDA Forest Service

Un champignon gigantesque, un nouveau type d'individu

(Ottawa, le 25 mars 2003) -- Le plus gros champignon du monde, découvert dans les Blue Mountains de l'Oregon en 2001, remet en question ce qu'on désigne traditionnellement comme un individu. Le champignon souterrain – qui selon les estimations daterait de 2 000 à 8 500 ans--approfondit notre compréhension de l'écosystème et comporte des implications possibles sur la gestion des forêts canadiennes, selon le mémoire rédigé par ses découvreurs (B.A. Ferguson, T.A. Dreisbach, C.G. Parks, G.M. Filip, et C.L. Schmitt) qui a été affiché le 17 mars sur le site Web de la Revue canadienne de recherche forestière (http://cjfr.nrc.ca).

Le clone de l'Armillaria ostoyae--champignon arboricide qui cause le pourridié-agaric--couvre une superficie de 9,65 kilomètres carrés, soit l'équivalent d'environ 6 000 patinoires ou 1 600 terrains de football.

« Cet organisme était à ses débuts une spore microscopique qui a connu une croissance végétative, comme une plante, a affirmé Mme Catherine Parks, chercheure en phytopathologie du Forest Service, United States Department of Agriculture (USDA), et coordonnatrice de l'équipe de recherche. Suivant une large vue scientifique, ce champignon remet en question ce que nous concevons comme un organisme individuel. »

Dans le mémoire, qui sera publié dans le numéro d'avril 2003 de la Revue canadienne de recherche forestiére, les chercheurs du Forest Service (USDA) font connaître leurs conclusions sur le champignon gigantesque, y compris leur découverte qu'il s'agit d'un organisme individuel, et sur les implications potentielles pour les pratiques de gestion forestière.

Le pourridié-agaric tue de manière pernicieuse des arbres dans de nombreuses régions aux États-Unis et au sud du Canada. Il causerait le retard de croissance et la mortalité dans environ 3,8 millions de mètres cubes de bois d'œuvre annuellement en Colombie-Britannique. Le champignon se répand surtout le long des racines des arbres, mais également dans le sol en formant des cordonnets, appelés rhizomorphes.

En recueillant des échantillons du champignon à divers endroits dans la forêt et en observant les réactions lors de leur croissance dans des boîtes de Petri, les chercheurs ont levé l'étendue du champignon et ont confirmé son identité génétique. Selon Mme Parks, « La technique est actuellement fort simple et repose sur la capacité même du champignon de distinguer un individu d'un autre. »

Les chercheurs croyaient que des individus distincts faisant partie du champignon poussaient en grappes séparées dans la forêt, comme l'indiquaient les parcelles annulaires d'arbres morts qui avaient été repérées lors de vols. Personne ne s'attendait à ce que ces grappes séparées représentent un seul organisme. « Si l'on enlevait le sol et qu'on observait le champignon, on verrait un seul organisme avec une multitude de filaments qui se répandent dans le sol, a expliqué Mme Parks. Le fait qu'un organisme de ce genre pousse dans la forêt depuis des milliers d'années accroît notre conception de ce qui constitue un écosystème forestier et de son fonctionnement. »

Jusqu'à maintenant, les aménagistes forestiers croyaient que les humains aggravaient la propagation du pourridié-agaric en empêchant les feux de forêt qui font partie du cycle naturel de renouvellement. « Parce que le champignon date de plusieurs milliers d'années et qu'il poussait bien avant que les réseaux d'incendie subissent l'influence des humains, nous savons maintenant qu'il n'en est rien, a affirmé Mme Parks. Cela signifie également que les incendies ne permettent pas un contrôle naturel de cette maladie. »

Il s'ensuit que le champignon, dans toute sa spectaculaire étendue, est un participant naturel du cycle forestier. En effet, il se trouve souvent dans les régions où les arbres présentent peu de dommages visibles. Cela étant dit, les aménagistes forestiers doivent faire preuve de plus de circonspection lorsqu'ils emploient des pratiques de gestion traditionnelles, telles que la coupe sélective. « Même après avoir abattu un arbre infecté, tout le système radiculaire peut être envahi par le parasite, ce qui accroît en retour la propagation possible de la maladie dans le secteur avoisinant », a expliqué Mme Parks.

Les aménagistes forestiers auraient également intérêt à tenir compte d'espèces particulières lors de la plantation et de la récolte. « Lorsqu'ils plantent des arbres, ils pourraient introduire des espèces moins sensibles à cette maladie, telles que le mélèze occidental, le pin argenté et le pin ponderosa, et abattre les arbres plus susceptibles au moment de l'éclaircissage. »

Selon Cindy Prescott, codirectrice scientifique de la Revue canadienne de recherche forestière, ces conclusions représentent des percées intéressantes pour la recherche forestière. « Cette étude révèle certaines des découvertes qui sont actuellement possibles, maintenant que les scientifiques appliquent des technologies nouvelles et émergentes afin d'explorer le monde souterrain. Ce n'est que la pointe de l'iceberg pour ce qui est des nouvelles connaissances, mais ces découvertes novatrices nous permettent déjà de mieux comprendre le fonctionnement des forêts et nous obligent à repenser certaines notions fondamentales, comme ce qui constitue un individu et une espèce. »

La Revue canadienne de recherche forestière est publiée par les Presses scientifiques du Conseil national de recherches Canada (CNRC). « Il s'agit d'un excellent exemple du service que les Presses scientifiques du CNRC offrent au milieu scientifique, a déclaré M. Arthur Carty, président du CNRC. Nous sommes fiers de pouvoir publier cet édifiant mémoire qui pourrait avoir des répercussions sur la gestion forestière dans l'ensemble de l'Amérique du Nord. »

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L'article est également consultable sur le site Web de la Revue canadienne de recherche forestière : http://cjfr.nrc.ca

Pour de plus amples renseignements, communiquez avec :

Mme Catherine Parks
Chercheure en phytopathologie
Forest Service, USDA
541-962-6531
cparks01@fs.fed.us

Cindy Prescott
Codirectrice scientifique, Revue canadienne de recherche forestière
604-822-4701
cpres@interchange.ubc.ca

Source
Ferguson, B.A, Dreisbach, T.A., Parks, C.G., Filip, G.M., et Schmitt, « C.L. Coarse-scale population structure of pathogenic Armillaria species in a mixed-conifer forest in the Blue Mountains of Northeast Oregon ». Revue canadienne de recherche forestière, volume 33, 2003.


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