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Institut de Recherche Pour le Développement
Le versant oriental de la cordillère andine, dans la province de Zamora-Chinchipe, frontalière avec le Pérou, piémont amazonien à la topographie accidentée, situé entre 500 et 2000 m d'altitude, n'avait jusqu'à présent fait l'objet d'aucune recherche archéologique systématique. Cette zone était occupée à l'époque historique (dès la fin du premier millénaire) par des groupes de la famille linguistique Jivaro, les Bracamoros, qui sont sans doute les habitants rencontrés par les conquistadors espagnols au XVIème siècle.
Les structures monumentales mises au jour sur le site de Santa Ana Florida, dans la haute vallée du rio Palanda, témoignent de techniques de construction complexes à but funéraire et/ou cérémoniel. Les datations 14C obtenues lors de la fouille ont produit une date probable voisine de 2450 avant notre ère, ce qui permet de reculer l'ancienneté des sociétés agricoles développées d'Amazonie occidentale.
L'intérêt de ce site est considérablement accru par la présence, dans des contextes non encore datés, de dépôts d'offrande contenant des récipients en pierre finement polis ornés de gravures zoomorphes (félins, condors, serpents) , figures et modes de représentation qui présentent de nombreux points communs avec les traditions culturelles péruviennes postérieures de Chavín et Cupisnique.
Cette découverte témoigne de la présence des éléments idéologiques constitutifs des premières grandes civilisations andines dans un milieu tropical où leur existence était jusqu'à maintenant inconnue.
Bien des régions tropicales souffrent d'une réputation de zones inhospitalières vouées, par leurs caractéristiques environnementales, à un sous-développement chronique. Cette vision est essentiellement fondée sur leur géographie et l'analyse des effets de la colonisation. L'étude sur le temps long des occupations préeuropéennes de diverses aires tropicales (forêts camerounaises, vallées du sud de Sumatra, îles océaniennes, mangroves et forêts tropicales de l'Equateur) menées par l'unité de recherche " Adaptations humaines aux environnements tropicaux durant l'Holocène " de l'IRD conduit à relativiser ce point de vue.
Les développements socioculturels intervenus durant les derniers millénaires dans les régions étudiées sont révélateurs de la nature des contraintes géographiques, ainsi que du poids des héritages culturels, qui constituent, jusqu'à nos jours, des facteurs déterminants du développement.
En Equateur, ces recherches font l'objet de deux accords de coopération, signés en 2001 et 2002, avec l'Institut National du Patrimoine Culturel (INPC) et le département culturel de la Banque Centrale de l'Equateur (BCE). Les travaux de terrain concernent deux aires singulières, situées aux extrémités Nord et Sud du pays (provinces d'Esmeraldas et de Zamora-Chinchipe).
Pour en savoir plus, se reporter à la fiche d'actualité scientifique n°177: http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/
L'annonce de cette découverte sera faite lors d'une conférence de presse à Quito ce 1er juillet 2003.
D'autres résultats de l'unité de recherche seront présentés au colloque que Francisco Valdez organisera du 7 au 11 juillet prochain intitulé " Systèmes préhispaniques d'agricultures sur billons avec drainages " à Quito - Équateur.
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