[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 29 août 2004

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Fondation des maladies du cœur de l'Ontario

Une étude mondiale met en évidence neuf facteurs de risque qui causent la majorité des crises cardiaques

HAMILTON, ONTARIO (29 août 2004) -Une importante étude mondiale, dirigée par le Canada, a permis de découvrir qu'il est possible de prévoir la grande majorité des crises cardiaques grâce à neuf facteurs faciles à mesurer et que ces facteurs sont identiques dans pratiquement toutes les régions et dans tous les groupes ethniques du monde.

L'étude INTERHEART a porté sur plus de 29 000 personnes dans 52 pays et sur tous les continents habités du monde. L'étude a été présentée aujourd'hui lors de la conférence de la Société européenne de cardiologie, à Munich (Allemagne), par Salim Yusuf. Il est professeur à l'école de médecine Michael G. DeGroote de l'Université McMaster et directeur de l'Institut de recherche en santé des populations de l'Université McMaster et de Hamilton Health Sciences, qui a assuré la coordination de l'étude.

Grâce à l'étude, il a été possible de découvrir que les deux plus importants facteurs de risque sont le tabagisme et un taux anormal de lipides dans le sang (apolipoprotéine B / apolipoprotéine A-1), facteurs qui, ensemble, permettent de prévoir jusqu'à deux tiers du risque global de crise cardiaque. L'hypertension, le diabète, l'obésité abdominale, le stress et le fait de ne pas manger quotidiennement des fruits et des légumes et de ne pas faire d'exercice tous les jours constituent des facteurs de risque supplémentaires. Consommer régulièrement de petites quantités d'alcool offre une certaine protection. À l'échelle de la planète, ces neuf facteurs combinés permettent de prévoir plus de 90 p. cent du risque de crise cardiaque.

L'étude INTERHEART, l'une des plus vastes études cas-témoins qui se penchent sur l'importance des facteurs de risque de maladies cardiaques, a nécessité la participation de 15 152 personnes ayant subi une première crise cardiaque et de 14 820 autres personnes ne souffrant pas de maladies cardiaques, mais qui font partie du même groupe d'âge, sont du même sexe et vivent dans la même ville. L'étude a été financée par les Instituts de recherche en santé du Canada, la Fondation des maladies du cœur de l'Ontario et 37 autres sources; elle a notamment pu compter sur le soutien illimité de plusieurs sociétés pharmaceutiques.

Cette vaste étude est la première qui tente de savoir si les facteurs de risque de crise cardiaque ont des répercussions semblables ou différentes dans tous les principaux groupes ethniques et dans les grandes régions du monde. Parmi les participants de l'étude, 7 000 provenaient d'Europe, 2 000 de l'Amérique latine, 6 000 de la Chine, 4 000 de l'Asie du Sud, 2 000 d'autres régions de l'Asie, 1 400 de l'Afrique et 3 500 étaient arabes; 450 Canadiens ont également pris part à l'étude.

Salim Yusuf a affirmé qu'auparavant, la conception générale admise voulait qu'il n'était possible de prévoir que la moitié des risques de crise cardiaque, mais que selon les résultats obtenus grâce à l'étude INTERHEART, ce serait plutôt la vaste majorité.

" Il semble que ces facteurs permettent de prévoir la plupart des risques présents dans à peu près chaque région, chaque groupe ethnique, chez les femmes et les hommes, chez les jeunes et les personnes âgées, a déclaré Salim Yusuf. Cette situation donne à penser que le message visant à prévenir les maladies cardiovasculaires peut être assez simple et, de façon générale, identique partout dans le monde, une fois les différences économiques et culturelles prises en compte. "

" Étant donné qu'il est possible de modifier tous les facteurs de risque, cette découverte est remarquable et elle changera notre façon de voir la prévention des crises cardiaques, ce qui veut dire que nous devrions être en mesure de prévenir la plupart des crises cardiaque prématurées dans le monde. "

George Honos, cardiologue et porte-parole de la Fondation des maladies du cœur, déclare que " la Fondation des maladies du coeur a récemment signalé que huit Canadiens sur dix présentaient au moins un facteur de risque de maladie cardiaque ou d'accident vasculaire cérébral. Mieux comprendre ces risques et les causes fondamentales des maladies cardiaques et des accidents vasculaires cérébraux grâce à la recherche et partager l'information obtenue avec le public sont des priorités de la Fondation. "

Alan Bernstein, président des Instituts de recherche en santé du Canada, souligne qu'il existe, dans le monde, une épidémie grandissante de maladies cardiovasculaires et que plus de 15 millions de personnes sont décédées d'une crise cardiaque en 1998 uniquement.

" Il s'agit d'une étude historique. Elle semble indiquer qu'une combinaison de changements dans le style de vie, notamment arrêter de fumer, bien manger et faire de l'exercice, pourrait permettre de diminuer de 80 p. cent le risque de faire une crise cardiaque, a-t-il affirmé. L'étude INTERHEART fournit les données de recherche en santé nécessaires pour mettre sur pied des programmes nationaux et internationaux visant à prévenir et à contrôler l'une des principales causes de mortalité au Canada et dans le monde. "

L'étude INTERHEART devrait être publiée dans le numéro du 11 septembre 2004 dans la prestigieuse revue médicale The Lancet. Ce numéro renfermera également un autre article provenant de l'étude et portant sur le stress en tant que risque de crise cardiaque. Selon l'auteure principale de cet article, Annika Rosengren, professeure de cardiologie à l'Université de Göteborg (Suède), l'étude a permis de découvrir qu'à l'aide de mesures simples du stress ressenti par le patient et de son état psychologique, il est possible de prévoir le risque de crise cardiaque.

" Ensemble, ces facteurs sont responsables d'environ un tiers du risque présent dans la population étudiée ", a affirmé Annika Rosengren.

John Kelton, doyen de l'école de médecine Michael G. DeGroote et doyen et vice-président de la Faculté des sciences de la santé de l'Université McMaster, a déclaré que " les résultats issus de cette étude d'envergure vont changer les politiques en matière de santé publique dans le monde entier. Les pays seront en mesure de déterminer les facteurs de risque de leur population et de se pencher sur les causes fondamentales des maladies cardiaques. "

Selon Murray Martin, P.-D. G. de Hamilton Health Sciences de Hamilton, " à titre d'hôpital universitaire d'enseignement, une partie de notre mission consiste à renforcer les soins de santé par l'éducation et la recherche. L'engagement de Salim Yusuf à trouver des réponses aux importantes questions de santé cardiaque qui touchent les gens partout dans le monde illustre le type de leadership que nous appuyons à Hamilton Health Sciences. "

L'Organisation mondiale de la Santé, la Fédération mondiale du cœur et le Réseau international d'épidémiologie clinique ont donné leur aval à l'étude INTERHEART.

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