[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 28-OCTOBRE-2004

Contact: Mike Paterson
lucotte.marc_michel@uqam.ca
204-781-7580
Natural Sciences and Engineering Research Council

Les ogres de Gimli

La semaine prochaine, des scientifiques spécialistes du mercure mèneront une expérience unique sur des sujets humains

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Selon une équipe de chercheurs canadiens de calibre international, le régime alimentaire pourrait jouer un rôle important dans l'absorption du mercure, un métal lourd, par l'organisme. Afin de mettre leur idée à l'épreuve, ils se préparent à mener une expérience dont ils seront eux-mêmes les cobayes.

Les chercheurs du Réseau collaboratif de recherche sur le mercure (COMERN), qui bénéficie de l'appui du CRSNG, ont remarqué que le degré d'absorption du mercure par les individus de petites collectivités canadiennes consommant du poisson varie énormément d'une collectivité à l'autre.

Depuis 2000, les chercheurs du réseau COMERN travaillent en étroite collaboration avec des collectivités des régions du lac Saint-Pierre (qui constitue un élargissement du Saint-Laurent à l'est de Montréal) et de l'Abitibi, au Québec, avec des collectivités insulaires de la baie de Fundy ainsi qu'avec des collectivités innues du Labrador à examiner leur exposition au mercure en lien avec leur consommation de poisson.

Leur recherche a révélé une mystérieuse anomalie. L'analyse des échantillons de cheveux et de sang prélevés chez les individus de ces collectivités qui étaient les plus exposés au mercure a révélé les concentrations en mercure dans l'organisme les plus faibles.

« Il y a un énorme écart entre l'exposition des gens au mercure et la mesure dans laquelle le mercure est absorbé par l'organisme dans ces diverses collectivités, déclare Marc Lucotte, biologiste à l'Université du Québec à Montréal et chercheur principal du réseau COMERN. »

Qu'est-ce qui explique cette importante différence dans le degré d'absorption?

« Nous soupçonnons que quelque chose de différent dans l'alimentation des individus de certaines collectivités empêche leur organisme d'absorber le mercure, affirme M. Lucotte. »

Cet ingrédient dont les chercheurs soupçonnent l'existence pourrait bien être le bon vieux thé. On sait que dans les collectivités japonaises consommatrices de thé qui sont exposées à de fortes concentrations de mercure, les degrés d'absorption sont exceptionnellement faibles. Et on sait que le thé est un puissant agent chélateur : il contient des particules appelées flavonoïdes qui se lient aux métaux lourds pour empêcher leur absorption par l'organisme.

Afin de mettre cette théorie à l'épreuve, les chercheurs se préparent à se mettre à table.

À l'occasion du congrès général annuel du COMERN qui se tiendra la semaine prochaine à Gimli, au Manitoba, 60 spécialistes du mercure prendront part à une expérience unique.

Pendant trois jours, la moitié des membres du groupe expérimental mangeront du poisson local du lac Winnipeg deux fois par jour et boiront six tasses de thé noir. L'autre moitié du groupe consommera également du poisson local, mais sans thé. Au début et à la fin du congrès, les participants donneront un échantillon de sang afin qu'on en détermine la concentration en mercure. (M. Lucotte souligne que le poisson du lac Winnipeg a été choisi pour l'expérience parce que le COMERN encourage la consommation d'aliments locaux et que les teneurs en mercure dans ce poisson sont moyennes.)

Selon M. Lucotte, l'expérience sur la consommation de thé et de poisson réalisée à Gimli est d'autant plus importante qu'en plus d'être susceptible de révéler des résultats scientifiques significatifs, elle contribuera à ancrer les travaux des chercheurs dans le type de recherche participative communautaire qu'ils mènent.

« Le fait de servir ainsi de cobayes nous amène à faire un retour sur nous-mêmes, affirme M. Lucotte. Il est important de nous rappeler que nous ne travaillons pas simplement avec une hypothèse, mais avec de vraies gens et de véritables passions. Et que nous pouvons nous aussi être exposés au mercure à cause de notre alimentation, et que nous devons faire des choix. »

Marc Lucotte s'attend à ce que les résultats de l'expérience de Gimli soient disponibles en janvier 2005.

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Personne-ressource : Marc Lucotte
lucotte.marc_michel@uqam.ca
514-987-3000
poste 3767

Mike Paterson, 204-781-7580

Le 5e congrès général du COMERN se tiendra du 1er au 5 novembre 2004 au Lakeview Inn, à Gimli, au Manitoba. Pour obtenir de plus amples renseignements sur le COMERN et sur son congrès général, consultez le site Web à http://www.unites.uqam.ca/comern/indexfr.html .

Fondé en 2000, le Réseau collaboratif de recherche sur le mercure (COMERN) constitue, avec ses quelque 60 chercheurs principaux et 100 étudiants diplômés, le plus important réseau de recherche du CRSNG. Le réseau est unique à l'échelle internationale du fait qu'il réunit des chercheurs dans les domaines de la physique, de la santé et des sciences sociales se concentrant tous sur les questions liées au mercure. COMERN a été applaudi par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) pour son approche multidisciplinaire unique de la recherche sur le mercure, fondée sur les collectivités et les écosystèmes.


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