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L’océan Austral retiens de moins en moins de dioxyde de carbone : depuis 1981, l’océan Austral a absorbé moins de carbone, 5 à 30 pour cent en moins par décennie, que ce qui était prédit par les chercheurs. Cet océan étant l’un des principaux pièges de l’excès de dioxyde de carbone dû à l’activité humaine, cela signifie que le taux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère pourrait à l’avenir être plus élevé que prévu. Pour arriver à cette conclusion, Corinne Le Quéré et une équipe internationale ont recueilli les mesures de dioxyde de carbone effectuées par 11 stations présentes dans l’océan Austral et 40 ailleurs sur le globe. La raison de cette diminution est selon les chercheurs une augmentation des vents qui a débuté en 1958 et a été imputée à l’activité humaine. Les chercheurs disent que l’efficacité de l’océan Austral à piéger le dioxyde de carbone va continuer à se réduire et que cela affectera les teneurs atmosphériques en dioxyde de carbone pendant plusieurs siècles.
Article n°21: « Saturation of the Southern Ocean CO2 Sink Due to Recent Climate Change » par C. Le Quéré ; C. Rödenbeck ; E.T. Buitenhuis ; M. Heimann du Max Planck Institut für Biogeochemie à Jena, Allemagne ; C. Le Quéré ; E.T. Buitenhuis ; N. Gillett de l’University of East Anglia à Norwich, Royaume-Uni ; C. Le Quéré du Brititsh Antarctic Survey à Cambridge, Royaume-Uni ; T.J. Conway du NOAA/CMDL à Boulder, CO ; R. Langenfelds du CSIRO Marine and Atmospheric Research à Aspendale, Australie ; A. Gomez du National Institute for Water and Atmospheric Research (NIWA) à Wellington, Nouvelle Zélande ; C. Labuschagne du South African Weather Service (SAWS) à Stellenbosch, South Africa ; M. Ramonet du LSCE/CEA à Gif-sur- Yvette, France ; T. Nakazawa de l’Université Tohoku à Sendai, Japon ; N. Metzl du CNRS à Paris, France ; N. Metzl de l’Université Pierre et Marie Curie à Paris, France.
Le génome de l’autre moustique : des chercheurs ont séquencé le génome de Aedes aegypti, le moustique vecteur de la fièvre jaune et de la dengue, deux maladies qui font porter un lourd tribut à l’Afrique et ailleurs dans les pays en voie de développement. Ces données pourraient offrir de nouvelles pistes pour tenter de maîtriser la propagation de ces maladies et vont permettre de comparer ce génome à ceux de Anopheles gambiae, le moustique vecteur du paludisme, et de la mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster. En se basant sur une première version de la séquence, Vishvanath Nene et ses collègues rapportent que les deux génomes ont beaucoup de points communs mais diffèrent quant à leur taille, la quantité de séquences mobiles appelées « éléments transposables » qu’ils contiennent et la longueur moyenne des « introns », ces séquences dans les gènes ne codant pas pour les protéines. D’autres différences existent au niveau de la densité des gènes et la composition de leurs familles. A. aegypti et A. gambiae représentent les deux grandes sous-familles de moustiques et les différences observées dans leur génome pourraient refléter des propriétés biologiques qui leur sont propres telles que leur manière de rechercher et de piquer le sang et leur capacité à transmettre certains pathogènes. Les auteurs ont aussi comparé le génome de A. aegypti à celui plus éloigné de la mouche D. melanogaster, ce qui a permis d’identifier des différences qui devraient aider à mieux distinguer les gènes et activités de gènes particuliers aux moustiques.
Article n°23: « Genome Sequence of Aedes Aegypti, A Major Arbovirus Vector » par K. Eiglmeier, C. Roth de l’Unité de Biochimie et Biologie Moléculaire de l’Institut Pasteur à Paris, France ; K. Eiglmeier, C. Roth du CNRS à Paris, France ; J. M. Tubio du Complexo Hospitalario Universitario de Santiago à Santiago de Compostela, Espagne ; H. F. Naveira de l’Universidade da Coruña à Spain ; J. Costas du Grupo de Medicina Xenómica-Universidade de Santia Centro Nacional de Genotipado, Fundación Pública à Santiago de Compostela, Espagne ; S. Wyder, E. M. Zdobnov, E. V. Kriventseva de l’Ecole médicale de l’Université de Genève à Genève, Suisse ; S. Sinkins de l’University of Oxford à Oxford, Royaume-Uni ; S. L. Bidwell, J. Wortman, Y. Zhao, N. H. Lee, J. Crabtree, I. T. Paulsen, M. Schatz, J. R. Miller, E. Eisenstadt, M. Pertea, Q. Ren, O. White, L. Hannick, J. Orvis, B. Loftus, P. Amedo, S. L. Salzberg, M. Shumway, E. Lee, C. Fraser-Liggett, H. Koo, B. J. Haas, Q. Zhao, M. H. Holmes et V. Nene de The Institute for Genomic Research à Rockville, MD ; P. Arsenburger, J. Zhu, P. W. Atkinson et A. S. Raikhel de l’University of California, Riverside à Riverside, CA ; M. Stanke de l’University of California, Santa Cruz à Santa Cruz, CA ; D. Lawson, E. Birney, K. Megy, M. Hammond de l’European Bioinformatics Institute (EMBL-EBI) à Cambridgeshire, Royaume-Uni ; S.E. Brown, D.L. Knudson de la Colorado State University, Fort Collins à Fort Collins, CO ; D. Werner de l’Universität Göttingen à Göttingen, Allemagne ; M. F. Bonaldo, M. B. Soares de la Northwestern University à Chicago, IL ; R. V. Bruggner, J. R. Schneider, A. Mori, N. F. Lobo, E. O. Stinson, F. H. Collins, J. R. Hogan, R. C. Kennedy, B. deBruyn, D. W. Severson et D. D. Lovin de l’University of Notre Dame à Notre Dame, IN ; J. P. VanZee, K. R. Reidenbach, D. G. Hogenkamp and C. A. Hill de la Purdue University à West Lafayette, IN ; E. Mauceli, M. Grabherr, D. DeCaprio, B. Bruce, C. Nusbaum, Q. Zeng, S. B. O'Leary, M. Crawford, K. LaButti, P. Montgomery, J. E. Galagan, D. Jaffe et C. Kodira du Broad Institute du MIT et de Harvard à Cambridge, MA ; D. Kulp de l’University of Massachusetts à Amherst, MA ; W. M. Gelbart, K. S. Campbell de la Harvard University à Cambridge, MA ; G. Dimopoulos, Z. Xi de la Johns Hopkins University à Baltimore, MD ; S. Kravitz, Y-H. Rogers du J. Craig Venter Institute Joint Technology Center à Rockville, MD ; C. F. Menck, S. L. Gomes, S. Verjovski-Almeida et H. El-Dorry de l’Université de São Paulo à São Paulo, Brésil ; A. L. Nascimento de l’Instituto Butantan à São Paulo, Brésil ; S. Li, C. Mao, Z. Tu, J. Biedler et M. R. Coy du Virginia Polytechnic Institute et de la State University à Blacksburg, VA.
Comment Némo peut s’exprimer : le Némo du dessin animé parle avec aisance mais les vrais poissons clown ont un répertoire plus limité de « chirps » et « pops » produits avec les dents et la mâchoire quand ils ont quelque chose à dire. Beaucoup de poissons produisent des sons et la plupart le font en frottant des os entre eux ou en utilisant les muscles attachés à leur vessie natatoire. Le poisson clown (Amphiprion clarkii), lui, a recruté pour cela l’appareil qui lui sert à se nourrir, faisant claquer sa langue et vibrer sa mâchoire. Eric Parmentier et ses collègues ont enregistré ces sons et pris en même temps des images ou des radiographies à haute vitesse pour observer les mouvements qui les accompagnent. Pour faire ses « chirps » et ses « pops » qu’il utilise lorsqu’il se reproduit ou se dispute, le poisson clown lève la tête, abaisse ce qui soutient la langue et une partie de la corbeille branchiale, recule la ceinture pectorale et ferme la mâchoire inférieure. Le son vient du choc des dents tandis que les mâchoires propagent le son.
Article n°11 : « Sound Production in the Clownfish Amphiprion clarkii » par E. Parmentier, O. Colleye, B. Frédérich et P. Vandewalle de l’Université de Liège à Liège, Belgique ; M.L. Fine de la Virginia Commonwealth University à Richmond, VA ; A. Herrel de l’Université d’Anvers à Anvers, Belgique.
Améliorer la prédiction des éruptions de volcans boucliers : la cartographie des changements topographiques du plus grand volcan du monde, le Mauna Loa sur la grande île de Hawaii, montre que le magma sous-jacent se présente dans des régions qui se sont ouvertes lors des éruptions et tremblements de terre passés. Cette connaissance est un pas de plus pour les chercheurs qui veulent prévoir où un volcan va entrer en éruption, ce qui pourrait sauver la vie de personnes vivant sur ce volcan ou d’autres de type bouclier présents à Hawaii. Les volcans boucliers, où le magma s’écoule à travers des fissures latérales plutôt que par le sommet, sont à l’origine de Hawaii. Falk Amelung et ses collègues ont utilisé des mesures radar par satellite pour cartographier entre 2002 et 2005 le Mauna Loa, ce qui leur a permis de trouver un gonflement progressif du volcan dans sa partie sud-ouest de fissures. Le volcan gonfle là, concluent les chercheurs, car un tremblement de terre en 1983 et une éruption volcanique en 1984 y ont ouvert des cheminées en profondeur par lesquelles le magma peut ensuite s’infiltrer. L’histoire des éruptions influence ainsi les futurs sites de leurs apparitions car le magma se retrouve bloqué à certains endroits et a plus de chances de s’épandre à d’autres.
Article n°17 : « Stress Control of Deep Rift Intrusion at Mauna Loa Volcano, Hawaii » par F. Amelung, T.R. Walter et S-W. Kim de l’University of Miami à Miami, FL ; S-H. Yun et P. Segall de la Stanford University à Stanford, CA ; T.R. Walter de la GeoForschungsZentrum Potsdam Section 2.1 à Potsdam, Allemagne.