[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 22 decembre 2005

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American Association for the Advancement of Science

Les avancées de l’année selon Science : voir l’évolution en action

La revue Science honore les dix premières avancées scientifiques de 2005

La théorie de l’évolution a été celle de la biologie depuis que Darwin lui a donné ses bases scientifiques en 1859. Mais le savant n’aurait jamais imaginé que des chercheurs pourraient encore découvrir en 2005 de nouveaux détails de l’application de sa théorie : comment l’évolution intervient dans le cas des gènes de la grippe, du génome du chimpanzé ou de l’épinoche cuirassée ? Les études qui ont révélé l’action de l’évolution remportent la palme des avancées de l’année selon la revue Science et son éditeur, la société scientifique à but non lucratif AAAS.

En 2005, les scientifiques ont engrangé de nouvelles données éclairant comment agit l’évolution au niveau génétique et dans l’apparition de nouvelles espèces. Certaines de ces informations contribueront peut-être à nous faire mener des vies plus saines dans le futur. Chose ironique, ces découvertes souvent fascinantes se sont produites au moment où les partisans du « dessein intelligent » et autres opposants à la théorie de l’évolution cherchaient à remettre en cause ce concept fondamental.

Cette étape importante concernant les mécanismes de l’évolution, plus neuf autres avancées scientifiques choisies en raison de leur profonde implication pour la société et le progrès scientifique, font partie de la liste établie par Science dans son numéro du 23 décembre 2005.

Beaucoup d’avancées cette année ont été dues à des études sur l’évolution au niveau génétique. En octobre, une équipe internationale de chercheurs a dévoilé la carte du génome du chimpanzé. Un autre effort international a porté sur la plus importante carte à ce jour des variations ponctuelles présentes dans la séquence du génome humain, avec l’espoir d’en savoir plus sur l’histoire évolutive de l’espèce humaine. Ces deux travaux qui apportent aux chercheurs de nouvelles données pour l’étude d’affections allant du sida aux maladies cardiovasculaires pourraient aussi poser les fondations d’une future médecine génétique personnalisée.

Le séquençage cette année du virus de la grippe responsable de la grande pandémie de 1918 pourrait avoir un impact plus immédiat sur la médecine. La fascinante histoire des gènes de ce virus mortel préservés dans le pergélisol et progressivement reconstruits laisse froid dans le dos : il semble avoir eu une origine purement aviaire. La compréhension de son évolution il y a un siècle nous aidera peut-être à prédire et à affronter la menace actuelle posée par la grippe aviaire.

D’autres études ont montré que de petits changements dans l’ADN pouvaient déclencher des cas d’évolution spectaculaire. Les chercheurs ont trouvé qu’une seule modification génétique suffisait à engendrer plusieurs espèces comme dans le cas de l’épinoche cuirassée de l’Alaska qui a perdu son armure et évolué à partir d’une espèce océanique en des formes lacustres.

Au-delà du génome, les chercheurs ont observé l’action de l’évolution chez divers animaux, des chenilles aux criquets, et trouvé que des différences de comportement portant par exemple sur la manière de s’alimenter ou de se reproduire pourraient suffire à produire plusieurs espèces à partir d’une seule. Ces observations ainsi que d’autres expériences minutieuses ont montré que les études sur l’évolution étaient aussi pertinentes en 2005 qu’elles l’étaient en 1859.

Science salue aussi neuf autres accomplissements scientifiques de l’année 2005.

Les safaris planétaires. L’exploration des planètes a fait un grand bond en 2005 avec des engins lancés vers la Lune, Mercure, Vénus, Mars, une comète, un astéroïde, Saturne et aux confins du système solaire. Un moment privilégié a été par exemple l’atterrissage de la sonde européenne Huygens sur Titan, la plus grande lune de Saturne. Cette expédition a révélé sur Titan un monde où de rares mais intenses pluies de méthane liquide modèlent sa surface et font partie d’un fascinant cycle hydrologique.

Une riche année pour les plantes. Plusieurs indices clé au niveau moléculaire de la floraison et d'autres mystères des plantes ont vu le jour en 2005. Les biologistes moléculaires des plantes ont par exemple réussi à identifier un signal à l'origine du développement saisonnier des fleurs. Une recherche s'est aussi focalisée sur un gène qui intervient pour stimuler la floraison et une autre étude a dévoilé une réserve insoupçonnée d'ARN.

La nature des étoiles à neutrons. En 2005, de nouveaux instruments ont apporté de nouvelles vues sur les comportements les plus violents des étoiles à neutrons. Un rayonnement bref et intense du centre de la Voie lactée enregistré le 27 décembre 2005 pourrait être le résultat d’un sursaut gamma produit par la fusion rapide de deux vieilles étoiles à neutrons ou d’une étoile à neutrons avec un trou noir.

Câblage du cerveau et maladie. Plusieurs études effectuées en 2005 suggèrent que des maladies telles que la schizophrénie, le syndrome de Tourette et la dyslexie pourraient provenir d’un « câblage défectueux » lors du développement in utero des circuits neuronaux du cerveau.

D’où est venue la Terre ? Cette année, des chercheurs ont à nouveau comparé des roches terrestres avec des météorites ressemblant au matériau de départ du système solaire et trouvé qu’ils différaient du point de vue atomique. Dans ce cas, d’où la Terre a-t-elle pris ses constituants ? Certains scientifiques disent maintenant que les premiers matériaux terrestres venaient de différentes parties du système solaire tandis que d’autres pensent qu’ils sont juste enfouis profondément à l’abri des regards.

Portrait précisé pour une protéine clé. Les détails moléculaires d’un canal potassium sensible au voltage ont été précisés en 2005. Ces canaux responsables de l’entrée et de la sortie des ions potassium des cellules ont la même importance pour les muscles et les nerfs que les transistors pour les ordinateurs.

Climat changeant ou changement de climat ? En 2005, les données liant l’activité humaine au réchauffement de la planète se sont encore accumulées et les politiciens américains ont commencé à en prendre conscience. Le réchauffement des océans en profondeur, la fréquence accrue de cyclones tropicaux majeurs, la diminution constante des glaces recouvrant l’océan Arctique et la modification des trajets des oiseaux migrateurs sont autant d’indices du changement climatique que les non-scientifiques ont pu percevoir en 2005.

La signalisation cellulaire passe à la vitesse supérieure. Des projections dynamiques de la façon dont les cellules répondent aux signaux chimiques et environnementaux ont débuté en 2005. Elles sont dues aux travaux effectués pour détecter les signaux reçus et fournis simultanément par les réseaux de signalisation intracellulaire. Les chercheurs ont ainsi créé un modèle de près de 8.000 signaux chimiques impliqués dans un réseau menant à la mort programmée de la cellule.

ITER atterrit en France. La bataille pour le site d’implantation du premier réacteur de fusion nucléaire au monde est terminée. ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) sera construit à Cadarache, dans le sud-est de la France, et non à Rokkasho au Japon. L’un des objectifs de ITER est de fournir de l’électricité à partir de la fusion en reproduisant la puissante source solaire sur Terre.

L’échec de l’année selon Science : la physique des particules aux États-Unis. L’annulation de deux expériences majeures et les discussions pour l’arrêt anticipé de l’un des trois collisionneurs de particules actuels constituent l’échec de l’année. Ceci pourrait également affecter la recherche en physique des particules ailleurs dans le monde. Une bonne nouvelle dans ce secteur en 2005 reste la poursuite de la construction internationale de l’International Linear Collider par des chercheurs du monde entier. Cet instrument collectif de plusieurs milliards de dollars pourrait bien jouer un rôle clé à l’avenir pour la discipline.

Domaines à surveiller en 2006. Comme sujets chauds pour l’année à venir, Science prédit le développement de médicaments et d’un vaccin contre la grippe aviaire, les ARN interférents chez l’homme, les matériaux supraconducteurs à haute température, l’arbre phylogénétique des bactéries, la détection de la fusion de deux étoiles à neutrons ainsi que les rayons cosmiques d’ultra haute énergie, dus aux noyaux atomiques les plus rapides de l’Univers. Les chercheurs seront aussi en quête de nouvelles données sur le pic à bec ivoire et sur l’hélium solide qui s’écoule comme un liquide.

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