[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 1er septembre 2005

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Une étude révèle que l’amnio infusion ne réduit pas le syndrome d’aspiration méconiale

Un essai randomisé international, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada, a montré que l'amnio infusion (l'injection d'une solution saline dans l'utérus), ne réduit pas le risque de syndrome d'aspiration méconiale (SAM), comme on le croyait antérieurement. Les résultats de l'étude, réalisée sous la conduite du Dr William Fraser, du Département d'obstétrique et de gynécologie de l'Université de Montréal et du Centre hospitalier universitaire Sainte Justine, sont publiés aujourd'hui dans The New England Journal of Medicine.

« Le Dr Fraser et ses collègues apportent une contribution d'une extrême importance à nos connaissances au sujet de la prévention possible du SAM, une maladie pulmonaire rare mais très grave », a dit le Dr Michael Kramer, directeur scientifique de l'Institut du développement et de la santé des enfants et des adolescents des IRSC. « Les méthodes d'étude rigoureuses et la portée internationale de cet essai randomisé (56 centres dans 13 pays) fournissent des arguments très solides contre l'utilisation de l'amnio infusion, et ses résultats devraient avoir une importante incidence sur les pratiques d'accouchement partout dans le monde. »

Le syndrome d'aspiration méconiale (ou simplement aspiration méconiale) se produit lorsqu'un nouveau né inhale un mélange de méconium et de liquide amniotique pendant le travail et l'accouchement. Le méconium est la matière qui remplit l'intestin du fœtus pendant la grossesse et il est formé de liquide amniotique ingéré et de cellules intestinales mortes. Bien qu'il soit stérile, le méconium inhalé est très irritant pour le poumon lorsque le nouveau né prend ses premières respirations. Il peut provoquer un blocage partiel ou complet des voies aériennes du bébé à l'expiration, ce qui rend la respiration difficile.

Le méconium altère le liquide amniotique, réduisant l'activité antibactérienne et faisant ensuite augmenter le risque d'infection bactérienne périnatale. Son aspiration produit trois principaux effets sur le poumon : une obstruction des voies aériennes, une dysfonction du surfactant et une pneumopathie chimique. Le liquide amniotique peut être teinté de méconium dans 7 à 22 % des accouchements à terme. Dans 2 % à plus du tiers de ces accouchements, le SAM peut survenir.

Un des moyens utilisés pour réduire le risque de SAM est l'amnio infusion, qui consiste à injecter une solution saline, par un cathéter inséré dans le col de l'utérus, dans la cavité amniotique des femmes en travail dont le méconium est épais. L'amnio infusion vise à réduire le risque de SAM en diluant le méconium.

Les femmes devenaient admissibles à cet essai randomisé quand, après rupture des membranes fœtales, un liquide amniotique épais, opaque et teinté de méconium (verdâtre) apparaissait. Dans cet essai, l'amnio infusion n'a pas été efficace pour réduire le risque de syndrome d'aspiration méconiale.

« L'amnio infusion est utilisée depuis 15 ans pour prévenir le syndrome d'aspiration méconiale, ou SAM. Avant notre étude, ce que nous savions de l'efficacité de cette intervention reposait sur des études d'envergure limitée réalisées dans un seul centre à la fois », dit le Dr Fraser. « Notre recherche est la première grande étude où l'échantillon est suffisant pour pouvoir déterminer si la technique est efficace dans la prévention du SAM. Nous avons montré qu'elle n'est pas efficace dans ce contexte. L'étude n'a pas porté sur l'amnio infusion dans d'autres contextes. Des études exhaustives, à grande échelle, sont nécessaires avant de tirer des conclusions sur le rôle potentiel de l'amnio infusion pour d'autres indications. »

Le Dr Fraser a travaillé avec des collaborateurs au Canada, en France (Dr François Goffinet, de l'Unité 149 de l'INSERM et de la Maternité de Port Royal), ainsi qu'avec des chercheurs de l'Argentine, de la Belgique, du Brésil, de l'Irlande, du Mexique, du Portugal, de l'Afrique du Sud, de la Suisse, de la Tunisie, du Royaume-Uni et de l'Uruguay.

Dirigée par le Dr Fraser et financée par les IRSC, l'étude a également été appuyée par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) à Paris (France). Utah Medical Products a fourni les cathéters d'amnio infusion pour l'étude.

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À propos de l'Université de Montréal

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