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University of Montreal
L'importance du monoxyde de carbone comme facteur aggravant des pertes auditives a déjà été démontrée chez les animaux mais le lien n'avait pas été établi pour les humains. À partir de la base de données de l'Institut national de santé publique du Québec, la chercheuse a comparé l'acuité auditive de travailleurs exposés à des niveaux de bruit de moins de 90 décibels à un autre groupe de travailleurs exposés à plus de 90 décibels. Dans chacun des groupes, un sous-groupe de travailleurs était, en plus, exposé au monoxyde de carbone.
Les résultats ont montré une interaction significative entre l'exposition combinée au bruit et au monoxyde de carbone et un seuil d'audition plus faible chez les travailleurs, soit une détection plus faible des sons de hautes fréquences (de 3 à 6 kilohertz). Le lien s'est avéré encore plus fort chez les travailleurs exposés au bruit et au monoxyde de carbone sur une longue période de temps (de 25 à 29 années).
« En se basant sur ces résultats, il nous apparaît important de considérer dorénavant l'exposition au monoxyde de carbone comme un risque accru de pertes auditives pour les travailleurs déjà exposés au bruit. » affirme la chercheuse Adriana Lacerda. Quelques hypothèses pourraient expliquer cet effet, notamment que le monoxyde de carbone, en réduisant l'apport d'oxygène dans le sang entraîne une détérioration plus rapide des cellules sensorielles de l'oreille interne.
Adriana Lacerda complète présentement un doctorat sous la direction des professeurs Tony Leroux et Jean-Pierre Gagné de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal. Elle a bénéficié d'une bourse CAPES (Coordenação de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior), d'une bourse Universidade Tuiuti do Paraná toutes deux accordées par le gouvernement brésilien et d'une bourse d'excellence de l'Université de Montréal pour poursuivre ses recherches.
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