[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 16-May-2005

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University of Montreal

Université de Montréal: étude démontre corrélation entre monoxyde de carbone et problèmes auditifs

Montréal, 16 mai 2005 – Pour la première fois, des chercheurs démontrent le lien entre l'exposition chronique au monoxyde de carbone, conjuguée à un niveau de bruit important, et des pertes auditives chez l'humain. La chercheuse Adriana Lacerda, de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal présente, lors du Congrès annuel de l'Acoustical Society of America à Vancouver, les résultats d'une étude épidémiologique effectuée auprès de plus de 8600 travailleurs exposés au bruit et au monoxyde de carbone en milieu de travail. Parmi les professions les plus à risque, on retrouve les soudeurs, les pompiers, les mécaniciens, les camionneurs, les opérateurs de chariots élévateurs et les mineurs.

L'importance du monoxyde de carbone comme facteur aggravant des pertes auditives a déjà été démontrée chez les animaux mais le lien n'avait pas été établi pour les humains. À partir de la base de données de l'Institut national de santé publique du Québec, la chercheuse a comparé l'acuité auditive de travailleurs exposés à des niveaux de bruit de moins de 90 décibels à un autre groupe de travailleurs exposés à plus de 90 décibels. Dans chacun des groupes, un sous-groupe de travailleurs était, en plus, exposé au monoxyde de carbone.

Les résultats ont montré une interaction significative entre l'exposition combinée au bruit et au monoxyde de carbone et un seuil d'audition plus faible chez les travailleurs, soit une détection plus faible des sons de hautes fréquences (de 3 à 6 kilohertz). Le lien s'est avéré encore plus fort chez les travailleurs exposés au bruit et au monoxyde de carbone sur une longue période de temps (de 25 à 29 années).

« En se basant sur ces résultats, il nous apparaît important de considérer dorénavant l'exposition au monoxyde de carbone comme un risque accru de pertes auditives pour les travailleurs déjà exposés au bruit. » affirme la chercheuse Adriana Lacerda. Quelques hypothèses pourraient expliquer cet effet, notamment que le monoxyde de carbone, en réduisant l'apport d'oxygène dans le sang entraîne une détérioration plus rapide des cellules sensorielles de l'oreille interne.

Adriana Lacerda complète présentement un doctorat sous la direction des professeurs Tony Leroux et Jean-Pierre Gagné de l'École d'orthophonie et d'audiologie de l'Université de Montréal. Elle a bénéficié d'une bourse CAPES (Coordenação de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior), d'une bourse Universidade Tuiuti do Paraná toutes deux accordées par le gouvernement brésilien et d'une bourse d'excellence de l'Université de Montréal pour poursuivre ses recherches.

À propos de l'Université de Montréal
Fondée en 1878, l'Université de Montréal compte aujourd'hui 13 facultés et forme avec ses deux écoles affiliées, HEC Montréal et l'École Polytechnique, le premier pôle d'enseignement supérieur et de recherche du Québec, le deuxième au Canada et l'un des plus importants en Amérique du Nord. Elle réunit 2 400 professeurs et chercheurs, accueille près de 55 000 étudiants, offre au-delà de 650 programmes à tous les cycles d'études et décerne quelque 3 000 diplômes de maîtrise et de doctorat chaque année.

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