[ Back to EurekAlert! ] PUBLIC RELEASE DATE: 24 mai 2004

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University of Toronto

Une étude sur la sécurité des patients dévoilée aujourd'hui

La première étude nationale de la sécurité des patients dans les hôpitaux canadiens estime que 7,5 % des personnes hospitalisées au Canada ont subi un événement indésirable à la suite de soins qu'elles ont reçus.

L'étude « The Canadian Adverse Events Study: the incidence of adverse events in hospital patients in Canada » sera publiée dans l'édition du 25 mai 2004 du Journal de l'Association médicale canadienne. Selon elle, le taux global des événements indésirables en 2000 s'élevait à 7,5 par 100 admissions à l'hôpital, sans inclure les admissions aux services de pédiatrie, d'obstétrique ou de psychiatrie. Ce taux porte à croire que 185 000 des presque 2,5 millions d'admissions médicales et chirurgicales au Canada en 2000 étaient associées à un événement indésirable. On entend par événement indésirable une blessure ou une complication non intentionnelle attribuable à la dispensation des soins de santé, non à l'état sous-jacent du patient, et qui provoque l'incapacité, le décès ou une hospitalisation prolongée des patients.

Des chercheurs de sept universités canadiennes, dirigés par l'Université de Toronto et l'Université de Calgary, ont analysé le taux des événements indésirables après avoir examiné 3 745 dossiers médicaux de patients adultes choisis au hasard à partir de 20 hôpitaux de soins de courte durée dans cinq provinces, soit la Colombie-Britannique, l'Alberta, l'Ontario, le Québec et la Nouvelle-Écosse. L'étude a également révélé que :

« Notre étude indique que les soins prodigués dans les hôpitaux canadiens sont sécuritaires pour la grande majorité des patients », de dire le professeur Ross Baker, Ph.D., chercheur principal de l'étude et professeur en politique, gestion et évaluation en matière de santé à l'Université de Toronto. « Cependant, certains patients souffrent de blessures et de complications, dont certaines évitables, reliées aux soins qui leur ont été prodigués. La bonne nouvelle est que cette étude fournira aux hôpitaux une image plus claire de l'étendue et la nature de cette question et les aidera à déterminer la raison de ces problèmes et à élaborer des stratégies pour les soulever. »

« Ce serait une erreur que de se concentrer sur le rendement des dispensateurs de soins lorsqu'on interprète ces résultats », de dire le Dr Peter Norton, chef de médecine familiale à l'Université de Calgary et co-chercheur principal dans l'étude. « Nous recommandons aux hôpitaux ainsi qu'aux dispensateurs de soins de mettre l'accent sur les changements à l'échelle du système – en s'assurant, entre autres que la présentation et la consonance des médicaments sont différentes – pour réduire le nombre et la probabilité des événements indésirables. »

Cette recherche présente la première estimation nationale des événements indésirables à l'échelle d'un éventaild'hôpitaux d'enseignement et communautaires, et ce au moyen de méthodes comparables à celles d'études récentes réalisées dans d'autres pays. Ces études ont indiqué des taux des événements indésirables compris entre 2,9 % aux États-Unis et 16,6 % en Australie. Cette variation est explicable en partie à la différence dans les méthodologies utilisées dans les études.

L'étude canadienne a également constaté que les hôpitaux d'enseignement affichent un taux plus élevé d'événements indésirables que les autres établissements de santé. Les auteurs attribuent cette situation à plusieurs facteurs, dont le fait que les cas plus complexes sont peut-être traités dans les hôpitaux d'enseignement et la complexité des soins dans ce genre d'établissement signifie que les patients reçoivent peut-être des soins de plusieurs dispensateurs de soins, ce qui augmente le potentiel d'événements indésirables en raison d'un manque de communication et de coordination des soins.

L'étude est financée conjointement par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

« Comme nous le savons tous, les événements indésirables peuvent avoir un événement dévastateur sur chaque partie impliquée. Toutefois, on ne résoudra pas les problèmes identifiés aujourd'hui en montrant qui que ce soit du doigt », selon le nouveau président du Conseil d'administration de l'ICIS, M. Graham Scott. « Le but consiste à prendre cette information, à en tirer profit et à l'utiliser pour qu'en bout de ligne, nos soins de santé deviennent plus sûrs. »

« Cette étude est conçue dans le cadre d'une première étape pour aider le système canadien de la santé à mieux comprendre la nature des événements indésirables qui surviennent dans nos hôpitaux », selon le président des IRSC, M. Alan Bernstein. « Elle aidera les décideurs à planifier les interventions et les améliorations qui pourraient rendre les hôpitaux plus efficaces et plus sûrs. Les IRSC ainsi que l'Institut des services et des politiques de la santé et l'Institut de la santé publique et des populations qui en font partie se sont engagés à appuyer la recherche et les initiatives novatrices conçues pour améliorer les services de santé dans le but d'une meilleure santé et d'une meilleure qualité de vie de tous les Canadiens. »

Les initiatives qui sont déjà en cours au Canada pour composer avec les problèmes relatifs à la sécurité des patients et aux événements indésirables comprennent l'Institut canadien de la sécurité du patient (ICSP) créé par le gouvernement fédéral afin d'informer les hôpitaux sur la façon de rendre les soins plus sécuritaires.

« Chaque région dans le pays et chaque professionnel de la santé aura une perspective unique de cette étude de référence et de la question relative à la sécurité des patients », de dire le président de l'ICSP, M. John Wade. « Toutefois, les meilleures solutions à long terme viendront d'un effort national réel qui réunit les dispensateurs de soins, les éducateurs et le public dans un esprit de collaboration et de résolution des problèmes. C'est l'approche que l'Instiut canadien de la sécurité du patient aidera à concrétiser au Canada. »

L'équipe de recherche nationale se compose des membres suivants : Virginia Flintoft, IA, M.Sc., Adalsteinn Brown, Ph.D. et Dr. Ed Etchells ainsi que Dr. Philip Hébert de l'Université de Toronto; Dr. William Ghali et Dr. Maeve O'Beirne ainsi que Luz Palacios-Derflingher, M.Sc. de l'Université de Calgary; Dr. Sumit Majumdar de l'Université de l'Alberta; Dr. Sam Sheps de l'Université de la Colombie-Britannique et Dr. Robert Reid de l'Université de la Colombie-Britannique et du Group Health Cooperative, Seattle, WA; Régis Blais, Ph.D. de l'Université de Montréal; Dr. Jafna Cox de l'Université Dalhousie; Robyn Tamblyn, Ph.D. de l'Université McGill.

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