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Articles marquants dans le Science du 20 mars 2009

American Association for the Advancement of Science

Maladie de Parkinson : un traitement sur la moelle épinière chez le rongeur. Une nouvelle étude chez le rongeur suggère que la stimulation électrique de la moelle épinière chez l'homme pourrait un jour servir à traiter les symptômes de la maladie de Parkinson, ce qui offrirait une alternative à la stimulation cérébrale profonde exigeant une chirurgie lourde. Romulo Fuentes et ses collègues ont développé leurs recherches à partir de travaux qui montraient qu'une stimulation du système nerveux périphérique pouvait réduire les crises d'épilepsie. Pour savoir si une telle approche pouvait aussi s'appliquer à la maladie de Parkinson, ils ont utilisé un ensemble d'électrodes implantées dans la moelle épinière de rats ou de souris ayant des symptômes proches de ceux de la maladie. Lors de la stimulation, les mouvements des animaux étaient plus fréquents et plus vifs, c'est-à-dire plus proches de la normale, qu'avant stimulation. Cet effet pourrait être dû au fait que dans la maladie de Parkinson les neurones moteurs sont pris dans un état où ils s'activent simultanément. La stimulation électrique pourrait aider à découpler ces activations et placer des aires clé du cerveau dans une disposition plus propice aux mouvements. Actuellement, pour traiter les troubles du mouvement apparaissant au début de la maladie on utilise en général des produits se substituant à la dopamine mais cette thérapie perd de son efficacité avec le temps. La stimulation cérébrale profonde est un complément utile au traitement médicamenteux mais exige l'insertion minutieuse d'électrodes dans des régions précises du cerveau. Le procédé péridural décrit dans l'étude serait une alternative bienvenue si d'autres travaux arrivent à prouver qu'elle est efficace et sans danger chez l'homme.

Article n°8 : « Spinal Cord Stimulation Restores Locomotion in Animal Models of Parkinson's Disease » par R. Fuentes, P. Petersson, M.G. Caron, M.A.L. Nicolelis du Duke University Medical Center à Durham, NC ; R. Fuentes, P. Petersson, W.B. Siesser, M.G. Caron, M.A.L. Nicolelis de la Duke University à Durham, NC ; P. Petersson de l'Université de Lund à Lund, Suède ; M.A.L. Nicolelis de l'"Edmond and Lily Safra International Institute of Neuroscience of Natal (ELS-IINN)" à Natal, Brésil et de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne à Lausanne, Suisse


Comment réagirez-vous ? pour le savoir, demandez à votre voisin. Une étude ayant porté sur les participants à des rencontres express (speed dating) suggère que les gens ont plus tendance à se fier à leurs propres sentiments et émotions même si le conseil d'une personne tierce pourrait être plus utile. Que ce soit lors d'un rendez-vous, en faisant les courses ou au travail, les gens se trompent souvent sur la manière dont ils réagiront à certaines situations en société, et leurs erreurs peuvent parfois avoir de sérieuses conséquences. Daniel Gilbert, Timothy Wilson et leurs collègues pensaient que les gens pourraient mieux prédire leurs réactions futures, et donc faire de meilleurs choix dans la vie, s'ils ignoraient tout de ce qui allait leur arriver sauf la réaction d'un proche à cette nouvelle situation. Ils ont donc procédé à deux expériences avec des étudiants de l'Université de Harvard qui montrent que, malgré les différences individuelles, les réactions des autres aux situations sociales sont plus proches des nôtres que ce que nous ne le croyons. Dans le premier test, on demandait à un groupe de femmes d'évaluer une rencontre express de cinq minutes avec un homme. Puis on donnait à un autre groupe de femmes soit l'évaluation des premières femmes soit une photo et un texte décrivant l'homme en question. La très grande majorité des femmes pensaient que la photo et la description permettraient de mieux prédire comment elles apprécieraient la rencontre. Les chercheurs ont pourtant trouvé que les femmes qui avaient reçu l'évaluation d'une autre prédisaient nettement mieux leur propre réaction à la rencontre que celles qui ne s'étaient basées pour cela que sur les éléments objectifs de la photo et de la description. Dans le second test, des étudiants hommes et femmes devaient prédire comment ils ressentiraient le fait d'être évalués par les autres, et là encore les participants ont pu mieux annoncer à l'avance leur réaction lorsqu'ils savaient comment une personne tierce avait déjà réagi. Ces résultats suggèrent que les gens croient que leur propre jugement est le moyen le plus fiable de prédire leurs futures réactions, mais font en fait des prédictions plus précises lorsqu'ils savent comment les autres ont répondu.

Article n°18 : « The Surprising Power of Neighborly Advice » par D.T. Gilbert, M.A. Killingsworth, R.N. Eyre de l'Université de Harvard à Cambridge, MA ; T.D. Wilson de l'Université de Virginie à Charlottesville, VA


À la rencontre d'un superprédateur du Cambrien. Il y a environ 540 à 500 millions d'années, un arthropode répondant au nom de Hurdia et ses proches cousins dominaient les mers du Cambrien, avec une taille bien plus grande que les autres organismes et se nourrissant probablement d'une bonne partie d'entre eux. L'étude de plusieurs centaines de fossiles canadiens, dont les spécimens devenus récemment accessibles d'un musée, a permis à des chercheurs de se faire une meilleure idée de Hurdia et de sa position dans la famille des anomalocaridides, animaux dont la taille relativement grosse et la bouche bien pourvue en dents leur a valu le surnom de « T. rex du Cambrien ». Hurdia est l'anomalocaridide le plus courant parmi les fossiles des schistes de Burgess au Canada mais sa position dans les débuts évolutifs des arthropodes demeurait confuse en raison de diverses parties de son corps qui étaient classées incorrectement dans au moins huit genres différents. La nouvelle analyse clarifie les caractéristiques physiques de Hurdia ainsi que les similitudes et les différences qu'il présente avec les autres anomalocaridides. La carapace frontale remarquablement développée de Hurdia et la structure de ses branchies renseignent sur l'origine des membres et des organes respiratoires des arthropodes ainsi que leurs relations entre eux.

Article n°12 : « The Burgess Shale Anomalocaridid Hurdia and Its Significance for Early Euarthropod Evolution » par A.C. Daley, G.E. Budd de l'Université d'Uppsala à Uppsala, Suède ; J-B. Caron du Royal Ontario Museum à Toronto, ON, Canada ; G.D. Edgecombe du Natural History Museum à Londres, Royaume- Uni ; D. Collins à Toronto, ON, Canada


Deux étoiles qui sont devenues des supernovas. Utilisant le télescope spatial Hubble et le télescope Gemini, des chercheurs ont pu confirmer l'identité de deux étoiles progénitrices, ou étoiles parentes, qui ont mené à des supernovas de type II. Ces dernières résultent de l'effondrement interne et de l'explosion d'étoiles massives qui font environ neuf fois la taille du Soleil. En étudiant les images des supernovas avant et après leur formation, Justyn Maund et Stephen Smartt ont trouvé que les étoiles supergéantes rouges qui occupaient auparavant l'espace où se sont produites les supernovas de type II avaient complètement disparu des images plus récentes prises des années après les explosions stellaires. Cette méthode d'observation simple mais dispendieuse en temps permet d'affirmer avec certitude que les deux étoiles ont été les progénitrices des supernovas SN 2003gd et SN 1993J et de confirmer que les supernovas de type II sont bien nées des supergéantes rouges comme prédit.

Article n°19 : « The Disappearance of the Progenitors of Supernovae 1993J and 2003gd » par J.R. Maund de l'Université de Copenhague à Copenhague, Danemark ; J.R. Maund de l'Université de Californie, Santa Cruz à Santa Cruz, CA ; S.J. Smartt de la Queen's University Belfast à Belfast, Royaume-Uni


Un nouveau produit candidat contre la tuberculose. Un composé capable d'empêcher la formation de la paroi cellulaire de la bactérie responsable de la tuberculose s'avère un candidat prometteur pour lutter contre la pandémie actuelle de la maladie annonce une équipe internationale de chercheurs. La tuberculose est un problème majeur de santé publique très lié à la pauvreté et au sida. Des souches résistantes ne cessent d'apparaître, rendant le besoin en nouveaux antituberculeux plus aigu que jamais. Vadim Makarov et ses collègues ont identifié un composé qui tue la bactérie dans les cultures cellulaires et chez les souris. Le soufre est particulièrement fréquent dans les antituberculeux aussi les chercheurs ont-ils commencé par synthétiser une série de composés appelés hétérocycles comportant du soufre puis testé leur activité contre des bactéries et des champignons. Ils ont ensuite restreint leurs recherches à une classe de produits appelés nitro-benzothiazinones (ou « BTZ ») actifs contre les mycobactéries et ensuite retenu un de ses membres, appelé BTZ043, qui était particulièrement prometteur. Dans les expériences faites in vitro, ce composé a tué Mycobacterium tuberculosis à des doses comparables à celles des médicaments utilisés dans le traitement de la tuberculose. De plus, il s'est avéré presque aussi efficace que l'un de ces médicaments pour réduire les concentrations de bactéries dans les poumons et la rate de souris infectées, sans présenter par ailleurs d'effets secondaires au bout d'un mois de traitement. Il bloque un élément de la machinerie cellulaire à l'origine de la paroi de Mycobacterium qui n'avait jamais été ciblé jusqu'à présent dans un microorganisme.

Article n°23 : « Benzothiazinones Kill Mycobacterium tuberculosis by Blocking Arabinan Synthesis » par V. Makarov, O. Ryabova et A.N. Bakh, de l'Institut de Biochimie, RAS Moscou, Russie; G. Manina, M.R. Pasca, S. Buroni, A.P. Lucarelli, A. Milano, E. De Rossi, G. Riccardi, de l'Università degli Studi di Pavia à Pavie, Italie; K. Mikusova, M. Belanova, A. Bobovska, P. Dianiskova, J. Kordulakova de l'Université Comenius à Bratislava, Slovaquie; U. Mollmann du Leibniz Institute for Natural Product Research and Infection Biology-Hans Knoell Institute à Jena, Allemagne; B. Saint-Joanis, R. Brosch de l'Institut Pasteur à Paris, France; N. Dhar, C. Sala, E. Fullam, P. Schneider, J.D. McKinney, S.T. Cole du Global Health Institute à Lausanne, Suisse; P. Brodin, T. Christophe équipe Inserm Avenir à l'Institut Pasteur à Séoul, Corée; S. Waddell, P. Butcher de la St. George's University of London à Londres, Royaume-Uni; J. Albrethsen, I. Rosenkrands du Statens Serum Institut à Copenhague, Danemark; V. Nandi, S. Bharath, S. Gaonkar, R.K. Shandil, V. Balasubramanian, T. Balganesh de AstraZeneca India à Bangalore, Inde; S. Tyagi, J. Grosset de la Johns Hopkins University School of Medicine à Baltimore, MD

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