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Articles marquants dans le Science du 7 août 2009

American Association for the Advancement of Science

Les neurones de la démangeaison découverts. Des scientifiques ont mis en évidence chez la souris les neurones sollicités lors d'une démangeaison et qui signalent au cerveau la nécessité de se gratter. Cette découverte va peut-être calmer une question qui titille depuis longtemps les neuroscientifiques : est-ce que le système nerveux traite de la même manière la sensation de douleur et d'irritation ? Les chercheurs se demandaient si la démangeaison était juste un type de douleur ou si elle correspondait à des voies nerveuses distinctes. Jusqu'à présent il était difficile de conclure mais la nouvelle étude de Yan-Gang Sun et ses collègues devrait permettre d'y voir plus clair. Les chercheurs avaient déjà établi qu'un récepteur neuronal appelé GRPR était impliqué dans la sensation de démangeaison mais pas dans celle de la douleur. Ils montrent maintenant que des souris dont la moelle épinière est dépourvue de neurones avec récepteurs GRPR ne se grattent plus en présence d'un stimulus irritant tout en gardant la même sensibilité à la douleur. Les neurones exprimant les récepteurs à GRPR s'avèrent distincts d'un autre groupe de cellules nerveuses, les neurones SST, qui étaient au coeur du débat. Cette découverte suggère ainsi que les neurones à récepteur GRPR représentent la voie de sensibilité à la démangeaison tant recherchée dans la moelle épinière.

Article n°31 : « Cellular Basis of Itch Sensation » par Y-G. Sun, Z.-Q. Zhao, X.-L. Meng, J. Yin, X.-Y. Liu, Z.- F. Chen de la Washington University School of Medicine à St. Louis, MO ; X.-L. Meng de l'Université Peking à Beijing, Chine.


Un ADN qui fait du yoga. Des chercheurs ont trouvé le moyen que des brins d'ADN se tordent pour donner des formes diverses, ce qui pourrait un jour servir à fabriquer des systèmes nanométriques pour apporter des médicaments à l'organisme, former des tissus ou étudier des exemplaires de protéines. Leur découverte offre aux nanotechnologies la possibilité de construire des objets à courbure continue. Il serait difficile d'imaginer un monde à notre échelle où nous ne pourrions faire d'objets courbes tels que les roues, les arches, les hameçons, etc. Hendrik Dietz et ses collègues décrivent maintenant comment le faire à l'échelle du nanomètre. Ils ont conçu des faisceaux d'hélices à ADN disposés en nids d'abeille. Certaines de ces hélices ont des paires de bases supplémentaires tandis que d'autres en ont moins, ce qui crée des tensions dans l'ensemble utiles pour assembler les faisceaux en objets courbes. En utilisant cette méthode les chercheurs ont réussi à maîtriser la direction et le degré de courbure, allant même jusqu'à replier des molécules avec des angles très fermés. Les auteurs ont pu combiner différents éléments incurvés de façon à construire des formes complexes comme des boules ou des roues dentées. Yan Liu et Hao Yan reviennent sur ce travail dans un article Perspective associé.

Article n°16 : « Folding DNA into Twisted and Curved Nanoscale Shapes » par H. Dietz, S.M. Douglas, W.M. Shih du Dana-Farber Cancer Institute et de la Harvard Medical School à Boston, MA ; S.M. Douglas et W.M. Shih de l'Université de Harvard à Cambridge, MA ; H. Dietz de la Technische Universität München à Munich, Allemagne.

Article n°4: « Designer Curvature » par Y. Liu et H. Yan de l'Arizona State University à Tempe, AZ.


Des nouvelles prometteuses de la mission Kepler. La mission Kepler devrait être capable de détecter des planètes de la taille de la Terre orbitant autour d'une étoile comparable à notre Soleil annoncent des chercheurs après la détection par le télescope spatial de la planète géante extrasolaire HAT-P-7B. Cette exoplanète est l'une parmi la vingtaine découvertes par des observatoires au sol et la mission CoRoT alors qu'elles « transitaient » devant leur étoile et réduisaient alors périodiquement sa luminosité. Elle est d'une taille comparable à Jupiter et tourne autour d'une étoile analogue à notre Soleil. Cette dernière est actuellement dans le champ du télescope Kepler lancé en mars 2009 pour détecter des exoplanètes de la taille de la Terre. Dans leur article Brevium, W. J. Borucki et ses collègues ont analysé l'équivalent de dix jours de données retransmises par Kepler sur la luminosité de plus de 50 000 étoiles. Ils ont découvert des éléments montrant le trajet de HAT-P-7b autour de son étoile, preuve que Kepler a la sensibilité requise pour détecter des planètes de la taille de la Terre.

Article n°12 : « Kepler's Optical Phase Curve of the Exoplanet HAT-P-7b » par W.J. Borucki, D. Koch, J. Lissauer, D. Morrison du NASA Ames Research Center à Moffett Field, CA ; J. Jenkins, D. Caldwell, E. DeVore, J. Tarter du SETI Institute à Mountain View, CA ; D. Sasselov, D.W. Latham, A.K. Dupree, J. Geary, S. Meibom du Harvard-Smithsonian Center for Astrophysics à Cambridge, MA ; R. Gilliland du Space Telescope Science Institute à Baltimore, MD ; N. Batalha de la San Jose State University à San Jose, CA ; G. Basri, G. Marcy de l'Université de Californie, Berkeley à Berkeley, CA ; T. Brown du Las Cumbres Observatory Global Telescope à Goleta, CA ; J. Christensen-Dalsgaard, H. Kjeldsen de l'Université d'Aarhus à Aarhus, Danemark ; W.D. Cochran de l'Université du Texas à Austin, TX ; E. Dunham de l'Observatoire Lowell à Flagstaff, AZ ; T. Gautier du Jet Propulsion Laboratory, California Institute of Technology à Pasadena, CA ; A. Gould du Lawrence Hall of Science à Berkeley, CA ; S. Howell du National Optical Astronomy Observatory à Tucson, AZ.


Un acteur surprise dans la douleur chronique. Des substances appelées endocannabinoïdes, récemment mises en avant comme cibles potentielles pour des traitements allant de la douleur à l'obésité peuvent en fait amplifier certains signaux douloureux plutôt que les réduire comme on le pensait jusqu'à présent indiquent des chercheurs. Cette nouvelle pourrait servir à orienter les efforts de traitement des douleurs chroniques avec des produits capables de réguler l'effet des endocannabinoïdes. Souvent, lors des douleurs chroniques, la communication entre neurones est exacerbée dans une portion de la moelle épinière appelée corne dorsale. Les endocannabinoïdes, une version du THC du cannabis propre à l'organisme, étaient supposés supprimer ce type de signal douloureux mais Alejandro Pernia-Andrade et une équipe internationale de collègues montrent maintenant que c'est peut-être l'inverse qui est vrai. Ils ont trouvé que chez le rat ou la souris un stimulus douloureux peut stimuler la libération d'endocannabinoïdes dans la moelle épinière et que ceux-ci agissent alors sur des récepteurs neuronaux appelés CB1. Leur action est alors de réduire la libération de neurotransmetteurs clés qui circulent entre les neurones, ce qui a pour effet de rendre ces derniers plus excitables. Dans une autre expérience effectuée chez des volontaires, les auteurs ont découvert que le rimonabant, un médicament qui bloque les récepteurs CB1, faisait diminuer la sensibilité anormale à la douleur induite sur des parties de leur peau.

Article n°26 : « Spinal Endocannabinoids and CB1 Receptors Mediate C-Fiber-Induced Heterosynaptic Pain Plasticity » par A.J. Pernia-Andrade, A. Kato, R. Witschi, H.U. Zeilhofer de l'Université de Zurich à Zurich, Suisse ; R. Nyilas, I. Katona, T.F. Freund de l'Académie des Sciences hongroise à Budapest, Hongrie ; M. Watanabe de l'Hokkaido University School of Medicine à Sapporo, Japon ; J. Filitz, W. Koppert, J. Schuttler de l'Université d'Erlangen-Nuremberg à Erlangen, Allemagne ; G. Ji ; V. Neugebauer de l'Université du Texas, Branche Médicale à Galveston, TX ; G. Marsicano de l'INSERM à Bordeaux, France ; B. Lutz de l'Université Johannes Gutenberg à Mayence, Allemagne ; H. Vanegas de l'Instituto Venezolano de Investigaciones Cientificas à Caracas, Venezuela ; A. Kato, R. Witschi, H.U. Zeilhofer de l'EPFL de Zurich, Suisse.

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