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Articles marquants dans le Science du 4 juin 2010

American Association for the Advancement of Science

La propagation d'un virus saisonnier de la grippe résistant à un antiviral. Plusieurs mutations aux effets étroitement liés sont probablement responsables de la propagation dans le monde d'un virus saisonnier de la grippe résistant à un antiviral indiquent des scientifiques. Leur découverte pourrait aider à surveiller les souches virales les plus à risque de présenter une résistance future. Lorsque le virus résistant a été découvert en 1998, il était relativement faible et se développait peu en culture ou dans des modèles animaux. En 2008, il a gagné en vigueur et s'est répandu dans le monde entier rendant inutile le recours au Tamiflu, ou oseltamivir, contre la grippe saisonnière. L'utilisation très répandue d'antiviraux peut conduire à l'émergence de souches résistantes mais l'oseltamivir n'a pas été très utilisé contre le virus H1N1 saisonnier. Alors pourquoi la résistance s'est-elle propagée aussi vite ? Une mutation dans le génome du virus qui a conféré une résistance à l'oseltamivir se situe dans une enzyme virale, la neuraminidase, présente à la surface des cellules infectées. Jesse Bloom et ses collègues ont trouvé que cette mutation appelée H274Y réduisait les quantités d'enzymes arrivant en surface. La mutation handicape le virus, comme c'est le plus souvent le cas, mais les auteurs ont découvert deux mutations secondaires préexistantes qui semblent compenser cet effet délétère. Un article Perspective associé commente ce travail et aborde les questions non résolues de savoir pourquoi la mutation H274Y s'est répandue.

Article n°12 : « Permissive Secondary Mutations Enable the Evolution of Influenza Oseltamivir Resistance » par J.D. Bloom, L.I. Gong, D. Baltimore du California Institute of Technology à Pasadena, CA.

Article n°3 : « Helping the Resistance » par E.C. Holmes de la Pennsylvania State University à University Park, PA ; E.C. Holmes du Fogarty International Center, Instituts Nationaux de la Santé à Bethesda, MD.


Téléréalité chez les grillons. Une équipe de chercheurs britanniques a utilisé des caméras sensibles au déplacement et à l'infrarouge ainsi que des micros pour espionner une population de grillons dans la nature, surveillant en permanence les moindre déplacements des insectes. Il en résulte de nouvelles informations sur les facteurs améliorant les chances de reproduction des grillons et une complexité qui échappe aux études effectuées en laboratoire qui formaient l'essentiel de nos connaissances sur la vie sexuelle de ces insectes. Rolando Rodriguez Muñoz et ses collègues ont suivi l'histoire, le comportement et la reproduction de toute une population de grillons. Ils ont aussi recueilli leurs données génétiques pour déterminer les adultes qui avaient des progénitures variées. Outre le fait de savoir que les mâles et les femelles s'accouplent fréquemment et avec de nombreux partenaires, l'étude apporte des renseignements intéressants. Par exemple, bien que mâles et femelles aient globalement le même nombre de descendants, il y a beaucoup plus de variations parmi les mâles dont beaucoup n'ont même pas de descendance viable. Cela avait été prédit par la théorie mais rarement testé sur le terrain. Contrairement aux attentes, les traits qui rendaient les mâles plus attractifs en tant que partenaires sexuels n'augmentaient pas toujours leurs chances de produire des descendants. Les chercheurs ont été surpris de constater que le statut de cricket alpha, ou du moins le fait de gagner la plupart des combats, ne se traduisait pas en fait par un meilleur succès reproductif. Celui-ci était toutefois accru par la promiscuité chez les deux sexes. Un article Perspective revient en détail sur cette étude.

Article n°11 : « Natural and Sexual Selection in a Wild Insect Population » par R. Rodríguez-Muñoz, A. Bretman, T. Tregenza de l'Université d'Exeter à Penryn, Royaume-Uni ; A. Bretman de l'Université d'East Anglia à Norwich, Royaume-Uni ; J. Slate de l'Université de Sheffield à Sheffield, Royaume-Uni ; C.A. Walling de l'Université d'Edimbourg à Edimbourg, Royaume-Uni.

Article n°4 : « Dance Like No One Is Watching, Sing Like No One Is Listening? » par M. Zuk de l'Université de Californie, Riverside à Riverside, CA.


Plus de feux dans la forêt amazonienne. Même si l'on observe un déclin récent de la déforestation de la forêt amazonienne, des chercheurs annoncent que les feux sont en augmentation et qu'ils pourraient annuler l'effet bénéfique de la baisse de la déforestation en augmentant les émissions de dioxyde de carbone. Luiz Aragão et Yosia Shimabukuro ont eu recours à des images satellites pour étudier la forêt amazonienne au Brésil de 1998 à 2007 et ils suggèrent que la REDD, un ensemble d'incitations financières pour « réduire les émissions de carbone dues à la déforestation tropicale et à la dégradation des forêts », pourrait rater son objectif si les gens qui vivent en Amazonie n'adoptent pas une conduite vis-à-vis des feux. Les chercheurs ont analysé les données fournies par un satellite de la National Oceanic and Atmospheric Administration américaine et découvert que les mêmes régions d'Amazonie épargnées par la déforestation ces dernières années avaient vu dans le même temps une augmentation des incendies. Ce qui a permis à Aragão et Shimabukuro de conclure que la REDD peut arriver à réduire l'élimination de larges pans de la forêt primitive mais que les feux et les émissions de CO2 associées menacent son succès à plus long terme. Les chercheurs avancent aussi que l'introduction d'une agriculture raisonnée, au lieu de celle sur brûlis pratiquée, pourrait aider à réduire le nombre d'incendies en Amazonie et permettre à la REDD d'atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz carbonique dans le monde.

Article n°13 : « The Incidence of Fire in Amazonian Forests with Implications for REDD » par L.E.O.C. Aragão de l'Université d'Exeter à Exeter, UK ; Y.E. Shimabukuro du National Institute for Space Research à São Paulo, Brésil.


Des roches carbonatées identifiées sur Mars. De nouvelles données sur Mars fournies par le Mars Spirit Rover de la NASA confirment la présence de grandes quantités de roches carbonatées, indiquant ainsi des régions qui ont pu avoir de l'eau autrefois. Les carbonates sont un indice de conditions de pH neutre où ils se forment en présence d'eau et du gaz carbonique de l'atmosphère. Si ces conditions ont été réunies, elles ont pu former un environnement favorable à la vie. Les traces géologiques de carbonates sur Mars ont été rares jusqu'à présent. Maintenant, Richard Morris et ses collègues présentent des données sur une zone riche en carbonates située dans de petites collines du cratère Gusev sur Mars. Le minéral riche en magnésium et en fer s'est probablement formé il y a longtemps par précipitation à partir d'eaux chaudes résiduelles issues de magmas qui avaient traversé des dépôts carbonatés.

Article n°21 : « Identification of Carbonate-Rich Outcrops on Mars by the Spirit Rover » par R.V. Morris, D.W. Ming du NASA Johnson Space Center à Houston, TX ; S.W. Ruff de l'Arizona State University à Tempe, AZ ; R. Gellert de l'Université de Guelph à Guelph, ON, Canada ; R.E. Arvidson, K. Siebach de l'Université Washington de Saint Louis à Saint Louis, MO ; B.C. Clark du Space Sciences Institute à Boulder, CO ; D.C. Golden de l'ESCG-Hamilton Sundstrand à Houston, TX ; G. Klingelhöfer, I. Fleischer de l'Université Johannes Gutenberg-à Mayence, Allemagne ; C. Schröder de l'Université de Bayreuth et de l'Université Eberhard Karls de Tübingen à Tübingen, Allemagne ; A.S. Yen du Jet Propulsion Laboratory à Pasadena, CA ; S.W. Squyres de l'Université Cornell à Ithaca, NY.

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