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Les adolescents trop longtemps devant l'écran risquent d'engraisser

University of Montreal

Cette étude est publiée dans l'American Journal of Epidemiology et a permis de suivre des adolescents pendant cinq ans

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 15 septembre 2010 - Trop de télévision, de jeux vidéo et d'Internet peut faire augmenter la masse adipeuse chez les adolescents. Une étude menée sur cinq ans par l'Université de Montréal et le Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, publiée dans l'American Journal of Epidemiology, démontre que les adolescents se répartissent en quatre groupes en ce qui concerne leurs habitudes de visionnement : ceux dont le temps passé devant un écran augmente, baisse, se maintient à un niveau élevé ou demeure relativement faible de façon stable.

Même les adolescents de ce dernier groupe, chez qui l'utilisation est la plus faible, passent en moyenne plus de deux heures par jour devant un écran, malgré les recommandations d'organismes comme l'American Academy of Pediatrics et la Société canadienne de pédiatrie de ne pas excéder cette durée. Les adolescents qui passent de plus en plus de temps devant un écran et ceux dont le temps de visionnement se maintient à un niveau élevé présentent les augmentations (en pourcentage) de masse adipeuse les plus importantes, tandis que les adolescents qui réduisent leur temps de visionnement ont les plus faibles augmentations.

Bien que le visionnement de la majorité des adolescents de l'étude se stabilise et se maintient autour de 25 à 30 heures par semaine, près de 30 % d'entre eux démontrent des patrons très différents, notamment avec des hausses ou des chutes importantes durant leurs années passées à l'école secondaire: les scientifiques ont découvert que ces trajectoires étaient le plus fortement associées à un changement de la masse adipeuse.

«Certains s'inquiètent que les adolescents passent beaucoup de leurs temps libre devant des écrans, affirme l'auteure principale, Tracie A. Barnett, professeure au Département de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. Nos résultats démontrent que les jeunes qui augmentent leur temps passé devant un écran au cours du secondaire sont les plus à risque de subir des hausses dans leur pourcentage de masse adipeuse. L'une des explications les plus plausibles serait qu'ils délaissent les activités physiques au profit du temps passé devant un écran et, conséquemment, ont de moins en moins d'occasions de bouger. De la même manière, les ados qui réduisent leur temps passé devant un écran au cours du secondaire sont aussi ceux dont la masse adipeuse diminue le plus.»

Mme Barnett et son équipe ont évalué 744 participants de 1re secondaire de dix écoles de Montréal. Les adolescents ont rapporté quatre fois par année leur temps de visionnement et leur niveau d'activité physique, pour un total de 20 relevés pendant l'étude de cinq ans. L'équipe de recherche a également évalué la grandeur, le poids et la masse adipeuse des participants plusieurs fois au cours de l'étude.

« Les heures excessives passées devant un écran mettent en évidence un besoin criant en matière de stratégies de santé publique pour remédier à ce problème chez les jeunes. Ainsi, les encourager à passer moins de temps devant un écran et suivre de près l'évolution de leurs habitudes de visionnement afin d'éviter qu'elles ne deviennent nuisibles pendant leur secondaire seraient bénéfiques. Comme la plupart d'entre eux ont déjà des habitudes de visionnement bien ancrées dès le début du secondaire, ces stratégies doivent également cibler les enfants avant même qu'ils atteignent le niveau secondaire », affirme Mme Barnett.

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Partenaires de recherche :

L'étude a été financée par la Société canadienne du cancer, le Fonds de la recherche en santé du Québec et les Instituts de recherche en santé du Canada.

À propos de l'étude :

L'étude « Teens and Screens: The influence of Screen Time on Adiposity in Adolescents » (Les adolescents et les écrans : l'incidence du temps de visionnement sur l'adiposité chez les adolescents), publiée dans l'American Journal of Epidemiology, a été réalisée par Tracie A. Barnett, Jennifer O'Loughlin, Igor Karp et Andrea Van Hulst de l'Université de Montréal; Marie Lambert du Centre de recherche du CHU Sainte-Justine; Catherine M. Sabiston de l'Université McGill; ainsi que Mathieu Bélanger du Centre de formation médicale du Nouveau-Brunswick.

Sur le Web :

American Journal of Epidemiology :
http://aje.oxfordjournals.org

Université de Montréal :
www.umontreal.ca/english

Centre de recherche du CHU Sainte-Justine :
www.recherche-sainte-justine.qc.ca/en

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