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Le stress professionnel, un danger croissant pour la santé

Concordia University

Une étude de Concordia révèle une hausse de 26 % des travailleurs qui consultent lorsque le stress au travail augmente

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 25 août 2011 - Le stress lié au travail affecte de plus en plus les Canadiens. Selon une nouvelle étude publiée par des économistes de l'Université Concordia dans BMC Public Health, l'accroissement du stress au travail pousse davantage de travailleurs à demander l'aide de professionnels de la santé pour des maux physiques, mentaux et émotionnels. En effet, la recherche indique que le taux de travailleurs allant voir un médecin en raison de problèmes liés au stress a augmenté de 26 %. « Ces résultats montrent que les gens dont la profession comporte un niveau modéré ou élevé de stress consultent un médecin de famille ou un spécialiste plus souvent que ceux dont le métier est peu stressant », explique Sunday Azagba, auteur principal de l'étude et doctorant au Département de sciences économiques de Concordia. Pour parvenir à leurs conclusions, les économistes ont analysé des données représentatives provenant de l'Enquête nationale sur la santé de la population (ENSP) canadienne. Tous les chiffres de l'ENSP concernaient les adultes de 18 à 65 ans -- soit la majorité de la population active sur le marché du travail -- et incluaient des statistiques sur la fréquence des visites chez le médecin, les maladies chroniques, la situation de famille, le niveau de revenu ainsi que la consommation de tabac et d'alcool.

« Nous croyons qu'un nombre croissant de travailleurs ont recours à des services médicaux pour faire face au stress en milieu de travail », soutient Mesbah Sharaf, coauteur de l'étude et également doctorant au Département de sciences économiques de Concordia.

« Il existe des preuves médicales que le stress peut perturber le système immunitaire et par conséquent augmenter le risque de maladie, poursuit M. Sharaf. Ainsi, de nombreuses études ont relié le stress aux maux de dos, au cancer colorectal, aux maladies infectieuses, aux problèmes cardiaques, aux maux de tête et au diabète. Le stress professionnel peut aussi accroître les comportements à risque comme le tabagisme de même que la consommation abusive de drogue et d'alcool ou d'aliments gras et sucrés. À l'inverse, il peut empêcher les comportements sains tels que la pratique d'une activité physique et la poursuite d'un régime alimentaire équilibré. »

Coûts du stress en milieu de travail

Des recherches précédentes ont déterminé que le vieillissement de la population et les médicaments sur ordonnance augmentent les coûts liés aux soins de santé entre autres. Cependant, peu d'études ont jusqu'à présent établi un rapport entre ces coûts et le stress au travail. « Les dépenses de santé au Canada représentaient 10,1 % du produit intérieur brut en 2007, comparativement à 7 % en 1980 », précise M. Azagba.

Aux États-Unis, de récents sondages ont révélé que 70 % des travailleurs considèrent leur milieu de travail comme une source importante de stress, tandis que 51 % jugent que le stress professionnel réduit leur productivité. « On estime que le recours aux soins de santé résultant du stress coûte aux entreprises américaines 68 milliards de dollars par an et réduit leurs profits de 10 % », ajoute M. Sharaf.

La somme des dépenses de santé aux États-Unis se monte à 2,5 billions de dollars ou 8 047 dollars par personne. « Cela correspond à 17,3 % du produit intérieur brut de 2009, soit une augmentation de 9 % par rapport à 1980 », affirme M. Azagba.

Moins de stress, moins de dépenses

Selon les économistes, diminuer le stress en milieu de travail pourrait aider les gouvernements à freiner la croissance des budgets de santé et à remonter le moral des travailleurs.

« Améliorer les conditions de travail stressantes et doter les travailleurs de mécanismes afin de faire face au stress pourrait contribuer à réduire les coûts liés aux soins de santé, conclut M. Azagba. La gestion du stress professionnel peut aussi présenter d'autres avantages économiques, comme un accroissement de la productivité ainsi qu'une diminution de l'absentéisme et du roulement du personnel. »

Les activités analysées dans le cadre de l'Enquête nationale sur la santé de la population canadienne étaient réparties dans sept catégories : techniciens, métiers, professionnels, gestion, santé, services et agriculture.

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Source :
Sylvain-Jacques Desjardins
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