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Articles marquants dans le Science du 28 octobre 2011

American Association for the Advancement of Science

Enquête approfondie sur un astéroïde unique. Une image détaillée d'un gros astéroïde de la principale ceinture de notre système solaire est donnée grâce aux informations fournies par la sonde Rosetta de l'Agence spatiale européenne. Trois articles Reports du numéro de Science de cette semaine illustrent bien en quoi cet astéroïde-là, connu sous le nom de 21 Lutetia, diffère des autres plus petits que les chercheurs ont pu approcher par des sondes jusqu'à présent. En fait, 21 Lutetia s'avère plus proche d'un planétésimal, c'est-à-dire un précurseur de planète, que du fragment d'un plus grand astéroïde ou d'un agrégat rocheux comme la plupart des astéroïdes connus. Cette distinction a son importance car des informations valables sur la formation du système solaire peuvent être tirées des planétésimaux.
Holger Sierks et ses collègues ont utilisé des images obtenues par l'Optical, Spectroscopic and Infrared Remote Imaging System (OSIRIS) au cours du survol de l'astéroïde pour analyser la surface de 21 Lutetia et calculer son volume. Ils ont estimé qu'il avait environ 121 km de long, 101 km de large et 75 km de hauteur. Les chercheurs précisent aussi que la surface de 21 Lutetia est couverte d'une épaisse couche de régolithe, la poussière de surface, qui se déplace en surface sous forme de glissements de terrain. Les chercheurs suggèrent que 21 Lutetia est aussi âgé que le système solaire et a conservé intacte sa structure interne d'origine. Dans une étude distincte, Martin Pätzold et ses collègues décrivent comment ils ont pu, en utilisant le suivi radio de la sonde Rosetta au voisinage de 21 Lutetia, calculer sa masse. Connaissant sa masse et son volume, les chercheurs ont alors pu estimer la densité de l'astéroïde à environ 3 400 kg par mètre cube, soit l'une des plus élevées jamais mesurées pour un astéroïde. Enfin, Angioletta Coradini et ses collègues ont utilisé le Visible, Infrared and Thermal Imaging Spectrometer (VIRTIS) à bord de Rosetta pour étudier la température et la composition de la surface de 21 Lutetia. Coradini, qui était le principal opérateur de l'instrument, est malheureusement décédée au cours de la préparation de cet article. L'équipe de chercheurs peut néanmoins indiquer que la température maximale en surface est de 254 Kelvin et qu'il n'y a pas de traces d'une action de l'eau ou d'une usure de l'espace. Toutes ces données montrent que 21 Lutetia est un astéroïde unique qui sera sûrement étudié dans les prochaines années.

Article n°9 : « Images of Asteroid 21 Lutetia: A Remnant Planetesimal from the Early Solar System » par H. Sierks, S.F. Hviid, R. Kramm, R. Moissl, C. Snodgrass, C. Tubiana et J.-B. Vincent du Max-Planck-Institut für Sonnensystemforschung à Katlenburg-Lindau, Allemagne. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.

Article n°10 : « Asteroid 21 Lutetia: Low Mass, High Density » par M. Pätzold, M. Hahn, S. Tellmann du Rheinisches Institut für Umweltforschung, Abteilung Planetenforschung et de l'Université de Cologne à Cologne, Allemagne ; T.P. Andert et B. Häusler de l'Universität der Bundeswehr München à Neubiberg, Allemagne ; S.W. Asmar et J.D. Anderson du NASA Jet Propulsion Laboratory et du California Institute of Technology à Pasadena, CA ; J.-P. Barriot de l'Université de la Polynésie Française Faa'a, Tahiti ; M.K. Bird de l'Université de Bonn à Bonn, Allemagne ; H. Sierks du Max-Planck-Institut für Sonnensystemforschung à Katlenburg-Lindau, Allemagne ; P. Lamy du Laboratoire d'Astrophysique de Marseille à Marseille, France ; B.P. Weiss du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, MA.

Article n°11 : « The Surface Composition and Temperature of Asteroid 21 Lutetia as Observed by Rosetta/VIRTIS » par A. Coradini, F. Capaccioni, M.C. De Sanctis, G. Filacchione, F. Tosi, M.T. Capria, E. Ammannito, D. Grassi, G. Piccioni, S. Giuppi, G. Bellucci, F. Carraro, P. Cerroni, L. Giacomini et G. Magni de l'Istituto Nazionale di Astrofisica (INAF) à Rome, Italie. Pour une liste complète des auteurs, voir le manuscrit.


Quel est le meilleur moyen de mobiliser une société ? Imaginez que vous faites partie d'une équipe de sauvetage à la recherche d'un enfant égaré, ou de personnes d'un quartier cherchant à coincer des délinquants en fuite. Quel est alors le moyen le plus rapide et le plus efficace d'informer les gens de la situation et de les rallier à votre cause ? De nombreux chercheurs en sciences sociales tentent depuis longtemps de trouver une réponse à cette question. Une récente compétition organisée par la DARPA, ou Defense Advanced Research Projects Agency, donne quelques indices sur les éléments de motivation qui peuvent être utilisés pour arriver à obtenir une mobilisation sociale de ce type. Dans l'expérience, 10 ballons rouges étaient placés à différents endroits des États-Unis et des équipes concurrentes devaient les localiser aussi vite que possible. Dans leur article, Galen Pickard et ses collègues de l'équipe du Massachusetts Institute of Technology qui a gagné la compétition, expliquent comment ils ont utilisé internet pour trouver les 10 ballons en moins de neuf heures. Apparemment, avant même le début de la compétition, les gagnants avaient pu recruter près de 4 400 individus sur tout le territoire pour les aider dans cette tâche. Ils ont fait cela non seulement en promettant une partie de l'argent de la récompense à ceux qui arriveraient à localiser un ballon, mais aussi à tout individu qui aurait informé de la compétition la personne ayant trouvé un ballon. Cette stratégie de « récompense récursive » a battu toutes les autres stratégies fondées sur l'altruisme comme celle d'une équipe du Georgia Tech qui proposait de donner tout l'argent gagné à la Croix-Rouge américaine. Pickard et les gagnants expliquent leur stratégie et les récompenses récursives arborescentes d'une manière graphique, avec l'espoir que cela puisse être utile dans de futures campagnes de mobilisation sociale.

Article n°13 : « Time-Critical Social Mobilization » par G. Pickard, W. Pan, I. Rahwan, M. Cebrian, R. Crane, A. Madan et A. Pentland du Massachusetts Institute of Technology à Cambridge, MA ; I. Rahwan du Masdar Institute of Science and Technology à Abu Dhabi, Emirats Arabes Unis.


Le python pourrait aider pour une nouvelle thérapie cardiaque. Le python peut passer une année sans manger et lorsqu'il le fait son coeur double presque de volume. Cette dilatation est déclenchée par des acides gras indique une nouvelle étude. Comme l'augmentation en taille spectaculaire du coeur du serpent après un repas est comparable à la croissance de cet organe observée chez des athlètes très entraînés, les chercheurs pourraient tirer profit de cette découverte pour développer de nouveaux médicaments fondés sur l'action de ces acides gras capables de potentiellement accroître les performances cardiaques après une attaque ou au contraire de réduire l'augmentation de la taille du coeur induite par la maladie. Durant les cinq dernières années, Leslie Leinwand et ses collègues ont étudié de nombreux gènes liés à différents aspects du métabolisme, au foie et au fonctionnement cardiaque. Les chercheurs ont identifié dans leur étude des acides gras et des triglycérides spécifiques circulant dans le plasma du python responsables de la croissance cardiaque. L'ajout de ces substances à des cellules cardiaques de python ou de souris a stimulé les voies de signalisation associées au développement en taille du coeur. Dans une autre série d'expériences les auteurs annoncent que des pythons et des souris perfusés avec ces acides gras ont vu leur masse cardiaque augmenter.

Article n°17 : « Fatty Acids Identified in the Burmese Python Promote Beneficial Cardiac Growth » par C.A. Riquelme, J.A. Magida, B.C. Harrison, C.E. Wall et L.A. Leinwand de l'Université du Colorado, Boulder à Boulder, CO ; T.G. Marr de Hiberna Corporation à Boulder, CO ; S.M. Secor de l'Université de l'Alabama à Tuscaloosa, AL.


Pourquoi la chimiothérapie cible certaines cellules et en épargne d'autres. Une nouvelle étude permet de mieux comprendre pourquoi les chimiothérapies agissent mieux sur certaines cellules cancéreuses que sur d'autres et pourquoi les substances utilisées sont plus toxiques pour les tumeurs que pour les tissus normaux. Ces médicaments ont été au coeur des thérapies du cancer des 60 dernières années sans que les scientifiques sachent exactement pourquoi elles sont plus efficaces sur certains tissus que sur d'autres. Triona NI Chonghaile et ses collègues ont fait l'hypothèse que l'une des causes de cette variabilité pouvait être la capacité des cellules à subir une forme de mort programmée appelée apoptose. Des acteurs clés de l'apoptose sont des protéines de signalisation ciblant un organite cellulaire appelé mitochondrie, entraînant alors sa destruction. Comme les mitochondries fabriquent la source d'énergie des cellules, leur disparition entraîne celle de la cellule. Ni Chonghaile et ses collègues ont mis au point un test pour mesurer la facilité avec laquelle ces protéines traversaient la membrane externe de la mitochondrie. Les chercheurs ont appliqué ce test à divers échantillons de tumeurs prélevés sur des patients puis observé les traitements suivis par ces patients. Conformément à leur hypothèse, les patients avec des cancers à mitochondries plus perméables répondaient mieux à la chimiothérapie. Cette découverte suggère que de tels test pourraient aider à prédire la réponse des tumeurs aux traitements. Et agir sur les tumeurs pour augmenter la sensibilité de leurs mitochondries pourrait dans certains cas les rendre plus vulnérables aux chimiothérapies.

Article n°20 : « Pretreatment Mitochondrial Priming Correlates with Clinical Response to Cytotoxic Chemotherapy » par T. Ni Chonghaile, K.A. Sarosiek, T.-T. Vo, J.A. Ryan, A. Tammareddi, J. Deng, K. Anderson, P. Richardson, Y.-T. Tai, C.S. Mitsiades, U.A. Matulonis, R. Drapkin, R. Stone, D.J. DeAngelo, S.E. Sallan, L. Silverman, D.R. Carrasco et A. Letai du Dana-Farber Cancer Institute à Boston, MA ; V. Del Gaizo Moore de l'Université d'Elon à Elon, NC ; D.J. McConkey de l'University of Texas MD Anderson Cancer Center à Houston, TX ; T.-T. Vo de la Harvard Medical School à Boston, MA ; R. Drapkin et M.S. Hirsch du Brigham and Women's Hospital à Boston, MA ; S.E. Sallan et L. Silverman du Children's Hospital Boston à Boston, MA.

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