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Et si YouTube ou Instagram facilitaient l'apprentissage en classe?

Pour convaincre les jeunes à risque de ne pas décrocher, des chercheurs de l'Université Concordia examinent diverses utilisations des médias sociaux

Concordia University

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 14 avril 2015 - Les élèves du secondaire entendent souvent cette rengaine : « On ne va pas sur Facebook durant les cours! » Pourtant, une nouvelle étude de Concordia prouve que les médias sociaux constituent de puissants outils pédagogiques auprès des ados. Surtout quand les principaux intéressés montrent une faible possibilité de réussite scolaire.

La question est abordée dans le livre Youth Practices in Digital Arts and New Media (« habitudes des jeunes en matière d'arts numériques et de nouveaux médias »), paru chez Palgrave en 2015. En effet, Juan Carlos Castro, coéditeur de l'ouvrage et coauteur d'un chapitre avec Martin Lalonde, se penche sur l'emploi des médias sociaux dans un but didactique. Les deux chercheurs en éducation artistique s'attardent plus particulièrement à un programme parascolaire qui, au Québec, révolutionne l'apprentissage des jeunes à risque : en classe, ces technologies sont considérées comme un atout plutôt qu'une nuisance.

Dans leur chapitre intitulé Amplifying Youth Cultural Practices by Engaging and Developing Professional Identity through Social Media (« généraliser les pratiques culturelles des jeunes grâce à la construction et à l'affirmation de l'identité professionnelle au moyen des médias sociaux »), les chercheurs s'intéressent aux apprenants et aux éducateurs de la Maison Kekpart, un organisme communautaire de la région montréalaise qui s'occupe d'adolescents à risque.

C'est que la Maison Kekpart offre un programme unique en son genre : le projet La Relève. Dans le cadre de cette initiative, des élèves en difficulté scolaire, âgés de 13 à 17 ans, sont invités à participer à un stage en production multimédia. Soulignons que l'expérience professionnelle n'est pas encadrée par des enseignants, mais plutôt par des artistes actifs dans le domaine.

La Relève a pour objectif d'amener les ados à se mobiliser davantage dans leur scolarité officielle. À cette fin, ils apprennent à utiliser les médias sociaux dans l'acquisition de compétences professionnelles, civiques et sociales qu'ils exerceront tout au long de leur vie adulte.

« De nos jours, les jeunes se servent des médias sociaux non seulement pour garder contact avec leurs amis, mais aussi pour s'exprimer et forger leur identité », explique Martin Lalonde, auteur principal de l'article.

« Le projet La Relève puise dans cette impulsion sociale, naturelle, et l'exploite pour montrer aux participants qu'ils peuvent mettre à profit ces technologies dans l'acquisition de compétences professionnelles », poursuit le doctorant en éducation artistique à Concordia, qui est soutenue par une bourse de doctorat Joseph-Armand Bombardier du CRSH.

Conception sonore, imagerie numérique ou production vidéo, les jeunes collaborent directement avec des artistes pédagogues. Ils utilisent Facebook, Instagram et YouTube comme modes d'expression, d'une part, et comme outils de développement de leur savoir-faire en multimédia, d'autre part. Leurs projets sont liés à des égoportraits, à des collages composites ou à des mèmes Internet - corollaires des médias sociaux déjà bien intégrés à leur quotidien. Ainsi, les participants renforcent leurs compétences techniques et apprennent à réaliser des œuvres de calibre professionnel.

« Plus qu'un stage, c'est une occasion pour les élèves à risque de découvrir tout ce que les études peuvent leur apporter », affirme le Pr Castro, professeur adjoint en éducation artistique et superviseur des activités doctorales de Martin Lalonde.

« Par l'intermédiaire du projet La Relève, continue-t-il, les ados acquièrent des aptitudes susceptibles de les aider à s'exprimer plus clairement ainsi qu'à obtenir un emploi. Parallèlement, ils commencent à comprendre vraiment l'utilité de l'éducation et son application directe dans leur vie. Cette attitude qu'ils développent, ils la reproduisent ensuite dans le milieu scolaire usuel. »

Les chercheurs et les éducateurs de la Maison Kekpart sont d'accord : il s'agit là d'une proposition gagnant-gagnant. Éventuellement, elle pourrait être adaptée au système scolaire officiel.

« Les médias sociaux sont indissociables du quotidien de ces jeunes. En démontrant que ces technologies peuvent s'intégrer à l'univers tant scolaire que professionnel, les éducateurs aident les apprenants à conserver leur intérêt pour l'école. Au bout du compte, cela favorise une plus grande mobilisation en classe et une diminution du nombre de décrocheurs. Il appartient maintenant aux organismes gouvernementaux et aux cadres scolaires d'adopter cette idée et de la mettre en œuvre », conclut Martin Lalonde.

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Partenaires de recherche

La présente étude s'inscrit dans le projet Citizens of Tomorrow de l'Université de la Colombie-Britannique. Subventionnée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, l'initiative traite de la participation de jeunes marginaux vancouvérois et montréalais à des programmes communautaires en arts numériquement médiatisés. Elle mesure notamment l'influence de telles interventions sur l'engagement des ados en matière d'identité, de culture, de santé et de bien-être. Juan Carlos Castro agit à titre de cochercheur principal.

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