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Améliorer la mémoire d'évocation immédiate des tout-petits

Une intervention précoce pour combler les lacunes réduit le risque de décrochage au secondaire, selon une chercheuse du Centre PERFORM

Concordia University

Ce communiqué est disponible en anglais.

Montréal, le 12 janvier 2016 -- Si votre bambin a la mémoire courte, mieux vaut renforcer ses facultés le plus tôt possible. Une nouvelle étude montre en effet que les enfants d'âge préscolaire qui obtiennent de mauvais résultats lors d'une tâche de mémoire sont susceptibles de présenter un risque de décrochage plus élevé à l'âge de 12 ans.

« L'identification des étudiants qui courent le risque de décrocher au secondaire constitue une étape importante dans la prévention de ce problème social », explique Caroline Fitzpatrick, auteure principale de l'étude récemment publiée dansIntelligence et chercheuse au Centre PERFORM de l'Université Concordia.

Ses coauteurs - affiliés à l'Université Sainte-Anne et à l'Université de Montréal - et elle proposent d'ailleurs aux parents des moyens de stimuler la mémoire de leurs enfants.

L'étude examine les réponses de 1 824 enfants à l'âge de deux ans et demi, puis de trois ans et demi. Ces données sont ensuite comparées aux attitudes à l'égard de l'école et aux résultats scolaires des mêmes enfants lorsqu'ils entrent en septième année (première secondaire dans le système d'éducation québécois).

Les conclusions sont sans équivoque : ceux qui obtiennent de bons résultats lors d'une tâche d'imitation de classement mettant à l'épreuve la mémoire durant la petite enfance sont plus susceptibles de réussir à l'école par la suite - et par conséquent de poursuivre leurs études. La tâche d'imitation de classement est particulièrement efficace afin d'évaluer la mémoire de travail, qui s'apparente à l'espace de travail mental d'un enfant.

« Nos résultats donnent à penser que les différences individuelles en bas âge sur le plan de la mémoire de travail pourraient contribuer au risque développemental de décrochage au secondaire, compte tenu de l'engagement à l'école, de la moyenne et du redoublement préalable d'une classe, le cas échéant », affirme la Pre Fitzpatrick.

« Collectivement, ces facteurs permettent d'identifier les étudiants âgés de 12 ans susceptibles d'abandonner leur parcours secondaire avant l'âge de 21 ans. »

De l'aide à la maison

« Les tout-petits peuvent exercer leur mémoire de travail en jouant à faire semblant avec d'autres enfants, car cette activité nécessite qu'ils se souviennent de leur propre rôle et de ceux des autres », explique Linda Pagani, de l'Université de Montréal, coauteure en chef de l'étude.

« Encourager l'attention chez les enfants en les aidant à se concentrer sur chacune de leurs expériences favorise aussi la mémoire de travail. »

La Pre Pagani mentionne également la possibilité de pratiquer la méditation guidée et des exercices de respiration avec les enfants d'âge préscolaire et élémentaire. Pour les plus vieux, les activités aérobiques vigoureuses comme le soccer, le basketball et la corde à sauter ont des effets bénéfiques prouvés sur la concentration et la mémoire d'évocation.

Les chercheurs ajoutent qu'une autre stratégie prometteuse afin d'améliorer la mémoire de travail des enfants est de limiter le temps passé devant l'écran - jeux vidéo, téléphone intelligent, tablette et télévision -, qui peut affaiblir le contrôle cognitif et réduire le temps consacré à des activités plus enrichissantes.

« Nos résultats soulignent l'importance d'une intervention précoce », conclut Caroline Fitzpatrick.

« Les parents peuvent aider leurs enfants à renforcer leur capacité de mémorisation à la maison, ce qui peut avoir un impact positif sur leur performance scolaire plus tard. »

Partenaires de recherche : Caroline Fitzpatrick, auteure principale, est chercheuse au Centre PERFORM de l'Université Concordia et professeure de psychologie à l'Université Sainte-Anne. Linda Pagani, coauteure en chef, est professeure à l'École de psychoéducation de l'Université de Montréal et chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine. L'étude a été menée et appuyée par le Groupe de recherche sur les environnements scolaires.

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