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Facebook Twitter LinkedIn GooglePlus Pour les parents d'un enfant autiste, le soutien social est gage d'une meilleure santé

Une aide accrue réduit les troubles immunitaires liés au stress, indique une recherche de l'Université Concordia

Concordia University

Ce communiqué est disponible en anglais.

Aux États-Unis, environ un enfant sur 68 est atteint d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA). Les parents de jeunes autistes déclarent systématiquement avoir un degré de stress plus élevé, de plus grandes obligations en matière de soins à donner et une plus forte propension à la dépression que ceux d'enfants au développement normal.

D'ailleurs, des recherches ont montré que le stress chronique lié aux responsabilités d'aidant naturel avait un effet néfaste sur l'état de santé physique. Il augmente les douleurs et les perturbations causées par des troubles de santé, et diminue dans l'ensemble la qualité de vie relative à la santé.

Or, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l'Université Concordia à Montréal et publiée dans la revue Family Relations, le soutien social constitue un puissant remède contre ce type de stress.

Plus précisément, les professeurs de psychologie Jean-Philippe Gouin et Erin T. Barker, de même que leurs collaboratrices Kim Desmarais et Chelsea da Estrela (étudiantes aux cycles supérieurs à Concordia), ont examiné la question suivante : le soutien social protège-t-il contre les dysfonctions immunitaires liées au stress?

L'équipe a fait remplir à 56 parents en santé d'un enfant atteint d'un TSA des questionnaires sur le soutien social qu'ils recevaient de sources professionnelles (spécialistes de la santé et des services sociaux) et de proches (conjoint, amis ou membre de la famille) de même qu'une auto-évaluation de leur santé et de leurs symptômes somatiques récents.

Des prélèvements sanguins ont également été effectués pour vérifier la présence d'inflammation. Ce phénomène est une réaction automatique du système immunitaire lorsqu'il est exposé à une infection, à une blessure, à des cellules étrangères ou à un stress psychologique. L'inflammation chronique de faible intensité est aussi associée à un risque plus élevé de pathologie liée à l'âge, notamment les troubles cardiovasculaires, le diabète, certaines formes de cancer, les maladies auto-immunes, le dépérissement, la démence et la mortalité précoce.

Selon les résultats obtenus, lorsque le soutien social non professionnel est important, les phénomènes inflammatoires sont moins fréquents. De même, un plus grand nombre de services de soutien professionnel se traduit par un meilleur état de santé autodéclaré et un plus faible risque d'inflammation.

Fait à souligner, l'incidence des services de soutien sur la réaction inflammatoire des parents augmentait en fonction de l'âge de l'enfant atteint d'un TSA.

« Les répercussions du stress chronique lié à la prestation de soins s'accentuent vraisemblablement à mesure que les parents vieillissent et que l'efficacité de leur système immunitaire diminue, explique le Pr Gouin. Par conséquent, le besoin de soutien - de source professionnelle ou non - demeure élevé même quand l'enfant atteint d'un TSA arrive à l'âge adulte. »

« Les résultats de nos travaux font ressortir la nécessité de maintenir les services fournis à ces familles, à ces parents qui sont confrontés à un défi permanent. Nous avons établi la relation de réciprocité qui existe entre la santé et le bien-être de l'enfant et ceux de ses père et mère. Dès lors, l'appui aux parents qui subissent un stress chronique lié aux obligations d'aidant naturel non seulement améliorera le devenir de l'enfant, mais aussi contribuera à la préservation à long terme d'un milieu familial optimal. Aider les parents à prendre soin de leur enfant atteint d'un TSA représente donc une stratégie rentable à long terme. »

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Jean-Philippe Gouin poursuit ses recherches. Afin de mesurer l'effet des services de soutien social sur la santé des parents, il observe des familles où vit un enfant atteint d'un TSA pendant que ce dernier fréquente le deuxième cycle du secondaire, puis quelques années après l'obtention de son diplôme. Actuellement, 120 familles prennent part au projet, et le Pr Gouin espère en recruter une centaine d'autres d'ici deux ans. Pour en savoir plus sur la participation à cette étude, consultez le site Web du groupe à http://psychology.concordia.ca/family/currentstudies_FR.html ou communiquez avec la coordonnatrice de recherche à Parents.FWB@concordia.ca.

Partenaires de recherche

L'Université Concordia, le Programme des chaires de recherche du Canada et le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada ont participé au financement de cette étude.

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