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Une commotion cérébrale en bas âge dégraderait la relation parent-enfant

Les parents sont invités à être attentifs aux changements émotifs et comportementaux de leur enfant

University of Montreal

Ce communiqué est disponible en anglais.

MONTRÉAL, le 12 avril 2016 - L'incidence de commotions cérébrales est particulièrement élevée à l'âge préscolaire, à hauteur d'environ 2% des enfants de 0 à 5 ans par année. Une étude des chercheurs du CHU Sainte-Justine, affilié à l'Université de Montréal, tout juste publiée dans le Journal of Neuropsychology, révèle les effets indésirables d'une commotion cérébrale sur la qualité des relations interpersonnelles parent-enfant. « Le jeune cerveau est particulièrement vulnérable aux chocs en raison de sa boîte crânienne mince et encore malléable. Dans les mois suivant un traumatisme, un des premiers signes visibles de difficultés sociales chez le jeune enfant est la dégradation de sa relation avec ses parents », indique Miriam Beauchamp, PhD, chercheuse au CHU Sainte-Justine, professeure de psychologie à l'Université de Montréal et auteure principale de l'étude. Sachant que de bonnes relations parent-enfant en bas âge sont synonymes de développement de meilleures habiletés sociales plus tard, les chercheurs soulignent l'importance pour les parents de rester à l'affût des changements dans le comportement de leur enfant dans les semaines qui suivent le traumatisme, de manière à pouvoir s'ajuster à son état durant cette période.

Compte tenu des compétences sociales et cognitives encore relativement limitées du jeune enfant, une commotion cérébrale à cet âge peut ralentir l'acquisition de nouvelles compétences, par exemple certaines habiletés de communication. « Très peu de données existent quant aux premiers signes de difficultés de socialisation des enfants d'âge préscolaire après une commotion cérébrale. La relation avec leurs parents étant au cœur de leur environnement social, elle constitue un contexte idéal pour évaluer les effets potentiels d'un traumatisme sur le fonctionnement social de l'enfant », précise Gabrielle Lalonde, BSc, étudiante au doctorat et première auteure de l'étude.

Le laboratoire a recruté un échantillon de 130 enfants âgés d'entre 18 mois et 60 mois, divisé en trois catégories, soit : enfants avec commotion cérébrale; enfants avec blessure orthopédique (généralement une fracture ou une entorse du bras ou de la jambe) mais sans commotion cérébrale; et enfin un groupe contrôle d'enfants sans commotion ni blessure. L'objectif de l'étude était d'évaluer la qualité des interactions parent-enfant durant la période de six mois suivant le traumatisme. « Nous avons demandé aux parents de remplir un questionnaire afin qu'ils évaluent personnellement leur relation avec leur l'enfant. En parallèle, ils ont participé à une séance d'évaluation filmée en laboratoire au cours de laquelle eux et leur enfant ont pris part à des activités quotidiennes typiques, comme des jeux libres et la période de collation, permettant ainsi aux chercheurs de mesurer la qualité de la communication, de la coopération et du climat émotionnel, indique Miriam Beauchamp. La qualité des relations parent-enfant à la suite d'une commotion cérébrale était nettement réduite en comparaison aux enfants n'ayant subi aucune blessure. »

« Compte tenu que les interactions parent-enfant sont influencées par les dispositions émotives et comportementales à la fois du parent et de l'enfant, il faudra approfondir les recherches pour identifier les facteurs sous-jacents à l'appauvrissement des relations. On pense à des mécanismes neurologiques précis, à des changements dans les pratiques parentales ou au stress causé par le traumatisme. L'identification de ces facteurs permettrait le développement d'interventions plus ciblées afin d'influencer positivement la qualité de vie des enfants et de leurs familles », ajoute Gabrielle Lalonde.

« Si, en tant que parents, vous remarquez des conséquences de l'accident sur votre propre état psychologique ou des changements de comportement chez votre enfant qui le font interagir différemment et qui perdurent au-delà de quelques semaines suivant le traumatisme, il est recommandé d'en parler à votre médecin de famille ou à un neuropsychologue », conseille Miriam Beauchamp.

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À propos de l'étude

L'article intitulé « Investigating social functioning after early mild TBI: the quality of parent-child interactions » a été publié dans le Journal of Neuropsychology. Miriam Beauchamp, PhD, est chercheuse au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, directrice du Laboratoire de neuropsychologie développementale ABCs, et professeure agrégée au Département de psychologie à l'Université de Montréal. Elle a reçu pour ses travaux le soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). Elle est titulaire d'une bourse salariale du Fonds de recherche du Québec - Santé (FRQS), et ses installations de recherche sont soutenues financièrement par la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI). Gabrielle Lalonde, BSc, est étudiante au doctorat sous la direction de Miriam Beauchamp.

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