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Insomnie chronique et difficultés de mémoire : un lien direct est établi

Concordia University

Montréal, 15 mai 2019 - L'insomnie chronique, qui affecte environ 10 % de la population adulte, a un impact négatif sur les fonctions cognitives des personnes de 45 ans et plus, indépendamment de l'effet des autres problèmes de santé associés à l'insomnie. C'est le grand constat tiré d'une analyse des données de sommeil issues de la cohorte pan-canadienne ELCV (Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement). Cette analyse résulte du travail d'une équipe de chercheurs composée entre autres du post-doctorant Nathan Cross et de son directeur Dr Thanh Dang-Vu, tous deux affiliés au Centre de recherche de l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal (CRIUGM) du CIUSSS du Centre-Sud-de-l'Île-de-Montréal (CCSMTL) et au Centre PERFORM de l'Université Concordia.

Thanh Dang-Vu est également professeur au Département de santé, de kinésiologie et de physiologie appliquée et titulaire de la chaire de recherche sur le sommeil, la neuro-imagerie et la santé cognitive de l'Université Concordia et professeur au Département de neurosciences de l'Université de Montréal.

« Plusieurs études font des liens entre insomnie et difficultés cognitives. Cependant, beaucoup d'entre elles ont été effectuées sur un nombre limité de personnes souffrant d'insomnie, avec des résultats pas toujours cohérents d'une étude à l'autre. De plus, d'autres études ne font pas la distinction entre le trouble d'insomnie chronique et la simple présence de symptômes. Enfin, l'insomnie chronique est souvent associée à plusieurs autres troubles (ex. : anxiété, douleur chronique) qui peuvent aussi avoir un impact sur les fonctions cognitives, ce qui rend difficile d'établir la contribution directe de l'insomnie aux troubles cognitifs. Le but de notre étude était donc d'étudier précisément le lien entre l'insomnie chronique et les fonctions cognitives dans un large échantillon de personnes d'âge moyen et de personnes âgées, en tenant compte de l'effet possible de ces autres troubles de santé », explique Dr Dang-Vu.

Près de 30 000 participants

L'analyse portait sur 28 485 participants âgés de 45 ans et plus, provenant de plusieurs villes à travers le Canada, dont Montréal. Chaque participant appartenait à l'un des trois groupes suivants : (1) personnes atteintes de trouble d'insomnie chronique, (2) personnes présentant des symptômes d'insomnie sans plainte d'impact sur le fonctionnement diurne et (3) personnes présentant une qualité de sommeil normale.

Ces participants ont complété entre autres des questionnaires, des examens physiques, une batterie de tests neuropsychologiques, qui ont été utilisés pour évaluer différentes fonctions cognitives et la qualité du sommeil.

Lien entre l'insomnie chronique et les difficultés cognitives

« Les personnes appartenant au groupe souffrant d'insomnie chronique ont significativement moins bien performé aux tests que celles appartenant aux deux autres groupes. C'est surtout la mémoire déclarative (mémoire basée sur des concepts et des faits, comme le sens des mots, les lieux et événements historiques) qui était affectée, même après avoir tenu compte des autres facteurs pouvant influencer les performances cognitives (caractéristiques cliniques, démographiques ou liées au mode de vie). », souligne Dr Dang-Vu.

Les prochaines étapes de la recherche viseront à mieux cerner cette relation entre mauvais sommeil et troubles cognitifs : « Est-ce que la présence d'une insomnie chronique prédispose au déclin cognitif? Est-ce qu'il s'agit de déficits cognitifs qui sont réversibles avec le traitement des troubles du sommeil ? Il s'agit là de plusieurs questions importantes qui doivent encore être explorées et qui auront un impact majeur sur la prévention et la prise en charge des troubles cognitifs liés au vieillissement », conclut Dr Dang-Vu.

L'insomnie chronique se définit par une difficulté à s'endormir ou à rester endormi, qui se produit au moins trois nuits par semaine durant plus de trois mois, avec un impact sur le fonctionnement diurne de l'individu (ex. : humeur, attention, concentration durant la journée). C'est ce qui permet de distinguer le trouble d'insomnie chronique de la simple présence de symptômes d'insomnie (sans impact apparent sur le fonctionnement diurne).

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FAITS SAILLANTS DE LA RECHERCHE

  • L'étude vise à étudier le lien entre l'insomnie chronique et les fonctions cognitives chez les personnes d'âge moyen et plus avancé, en tenant compte de l'effet des autres facteurs de santé pouvant affecter la cognition (ex. : anxiété, douleur chronique).
  • L'étude démontre que les personnes souffrant d'insomnie chronique sont plus susceptibles de présenter des difficultés cognitives.
  • Ces difficultés cognitives concernent essentiellement la mémoire déclarative (mémoire basée sur des concepts et des faits).
  • L'insomnie chronique est un trouble du sommeil. Il ne doit pas être confondu avec la simple présence des symptômes d'insomnie sans impact sur le fonctionnement diurne, et qui ne sont pas associés à des difficultés cognitives.
  • Ces résultats sont le fruit d'une analyse des données de sommeil issues d'une vaste cohorte pancanadienne composée de 28 485 participants (ELCV : Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, https://www.clsa-elcv.ca/fr).

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