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Un rapport de l'UNESCO préconise un renforcement de l'investissement dans les sciences face à la multiplication des crises

UNESCO

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Paris, 11 juin - Les dépenses dans les sciences à l'échelle du monde ont progressé entre 2014 et 2018 (+19%), ainsi que le nombre de scientifiques (+13,7%). Cette tendance a encore été accentuée par la crise du COVID, selon la nouvelle édition du Rapport de l'UNESCO sur la science, intitulé The Race against Time for Smarter Development (Course contre la montre pour un développement plus intelligent).

Mais ces chiffres cachent d'importantes disparités : deux pays à eux seuls, les États-Unis et la Chine, comptent pour près des deux tiers de cette progression (63%) tandis que quatre pays sur cinq restent à la traine, investissant moins de 1% de leur produit intérieur brut dans la recherche scientifique. Le paysage des sciences reste ainsi largement un paysage de la puissance.

Publié tous les cinq ans, ce nouveau rapport offre un aperçu de la science et des politiques scientifiques.

L'intelligence artificielle et la robotique constituent des domaines particulièrement dynamiques, selon le rapport qui note que près de 150 000 articles ont été publiés sur ces sujets pour la seule année 2019. La recherche en intelligence artificielle (IA) et la robotique ont progressé dans les pays à revenu moyen inférieur, qui ont contribué à 25,3% des publications dans ce domaine en 2019, contre seulement 12,8% en 2015. Au cours des cinq dernières années, plus d'une trentaine de pays ont adopté des stratégies spécifiques, parmi lesquels la Chine, les États-Unis, la Fédération de Russie, l'Inde, Maurice ou le Viet Nam.

En revanche, des domaines décisifs pour notre avenir sont nettement moins investis. En 2019 par exemple, le captage et le stockage du carbone ne donnent ainsi lieu qu'à 2 500 articles par an, 60 fois moins que sur l'intelligence artificielle. Et dans six des dix premiers pays les plus spécialisés sur le sujet, cette thématique est même en recul : en Allemagne, au Canada, en France, en Norvège, aux Pays-Bas et y compris s'agissant du leader actuel, les États-Unis. De la même manière, la question énergétique reste trop peu explorée, ne représentant que 2,5% des publications mondiales en 2019.

Le chemin est donc long pour que la science puisse apporter tout son potentiel au développement durable.

Il est essentiel d'œuvrer pour que la science ait à sa disposition les outils dont elle a besoin. Comme le souligne la Directrice générale de l'UNESCO, Audrey Azoulay, « une science mieux dotée est indispensable. La science doit être moins inégalitaire, plus coopérative et plus ouverte. En effet, les défis de notre époque, tels que le changement climatique, l'érosion de la biodiversité, la détérioration de l'état de l'océan ou les pandémies sont planétaires. Ils nous faut, par conséquent, mobiliser les scientifiques et les chercheurs du monde entier. »

Bien que la coopération scientifique internationale ait progressé ces cinq dernières années, elle ne concerne toujours qu'une publication sur quatre. De plus, malgré le formidable élan collectif auquel a donné lieu la lutte contre le COVID-19, de nombreux obstacles continuent d'entraver la recherche dans une bonne partie du globe.

Par exemple, plus de 70% des publications demeurent largement inaccessibles à la majorité des chercheurs. Le rapport documente les efforts déployés pour faire tomber des barrières qui sont à la fois sources d'inégalité et d'inefficacité. De nouveaux modèles de circulation et de diffusion de la connaissance scientifique dans la société doivent être mis en œuvre.

C'est ce à quoi travaille l'UNESCO qui prépare depuis 2019 un instrument normatif mondial pour une science ouverte. Si elle est adoptée lors de la prochaine Conférence générale en novembre 2021, cette Recommandation donnera une définition et un cadre partagés à la communauté internationale, pour développer cette science plus transparente, plus inclusive et plus efficace dont le monde a besoin.

Le rapport souligne l'importance de la diversité dans la science. Ce domaine fondamental doit impliquer l'ensemble de l'humanité dans son développement. Le rapport établit que seulement un tiers des chercheurs dans le monde sont des femmes. Si la parité est presque atteinte dans les sciences de la vie, elle demeure hors d'atteinte dans nombre de secteurs d'une importance grandissante. Par exemple, les femmes ne représentent que 22% des effectifs employés dans le domaine de l'intelligence artificielle. C'est un problème non seulement pour aujourd'hui mais aussi pour demain ; nous ne pouvons pas laisser les inégalités de la société être reproduites, voire amplifiées, par la science du futur.

La science doit en effet réunir l'ensemble de l'humanité pour faire face aux défis d'aujourd'hui et de demain. Les auteurs du rapport estiment qu'il s'agit là d'un enjeu essentiel pour redonner confiance en la science - la vulgarisation scientifique doit à ce titre être un allié indispensable à cet égard.

Le rapport rappelle ainsi que la science contribue chaque jour à façonner le monde de demain. C'est pourquoi il est essentiel de donner la priorité à l'objectif commun de l'humanité, à savoir la durabilité, par une politique scientifique ambitieuse.

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À propos du rapport de l'UNESCO sur la science

Le Rapport de l'UNESCO sur la science permet d'établir, tous les cinq ans, un bilan d'étape de la gouvernance scientifique. Rédigé par 70 auteurs de 52 pays, il compile des données relatives aux dépenses, au personnel, aux publications scientifiques et aux brevets. La dernière édition suit les progrès accomplis dans la réalisation des objectifs de développement durable des Nations unies pour 2030 et la progression rapide de la quatrième révolution industrielle. Elle suit également l'impact de la pandémie de COVID-19 sur la recherche et l'innovation mondiales.

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