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PUBLIC RELEASE DATE: 27 le septembre 2005

Preserver l'epave d'un bateau vieux de 460 ans



The hull of the Mary Rose. Courtesy of the Mary Rose Trust

Ce communiqu de presse est galement disponible dans espagnol et anglais.

Une quipe de chercheurs internationale a analys la composition du soufre et du fer dans les poutres en bois du Mary Rose, un bateau de guerre anglais qui a fait naufrage en 1545 et a t sorti de l'eau il y a seulement 20 ans. Cette quipe a utilis les rayons X du Laboratoire de Rayonnement Synchrotron de Stanford (SSRL) aux Etats-Unis et de l'Installation Europenne de Rayonnement Synchrotron (ESRF) en France afin de dterminer la composition chimique des importantes quantits de soufre et de fer retrouves de faon surprenante dans le bateau. Ces nouveaux rsultats donnent une ide de l'tat du vaisseau et devraient faciliter sa conservation. Ils sont publis cette semaine dans l'dition en ligne de la revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).

Pendant 35 ans, Le Mary Rose a t l'un des principaux vaisseaux de guerre du roi d'Angleterre Henry VIII jusqu' ce qu'il coule prs de Portsmouth en 1545. En 1982, la coque a t sortie de l'eau et elle est maintenant en cours de restauration. L'auteur principal de la publication, Magnus Sandstrm, ainsi que ses collgues ont rcemment montr, grce l'tude du bateau de guerre sudois le Wasa, rest sous l'eau pendant 333 ans, que l'accumulation de soufre est frquente dans les paves qui sont restes longtemps dans l'eau de mer. Ces recherches ont permis de conclure que le soufre se transformait en acide sulfurique au contact de l'oxygne, ce qui dtriore la qualit du bois, fragilise la coque et pose donc des problmes de conservation.

Les auteurs ont tudi le Mary Rose afin d'valuer le danger potentiel d la prsence du soufre. Ils ont dcouvert environ deux tonnes de soufre dans diffrents composs rpartis de faon uniforme dans les 280 tonnes de la coque. Pour dterminer les diffrentes espces de soufre prsentes dans le bois, les scientifiques ont d'abord effectu leurs expriences SSRL, mais l'quipe avait besoin d'informations complmentaires pour arriver connatre la position prcise, l'chelle du micron, des diffrentes espces de soufre. Les chercheurs sont donc venus l'ESRF sur la ligne de lumire ID21 qui permet de dterminer les diffrentes espces chimiques l'chelle microscopique. En tudiant de fines tranches de bois coupes perpendiculairement la paroi des cellules, ils ont trouv d'importantes concentrations de composs organo-soufrs dans les parties riches en lignite entre les cellules, ce qui pourrait avoir contribu la conservation du bateau pendant qu'il tait sous l'eau. Ceci a galement permis de comprendre comment les diffrents composs du soufre peuvent se retrouver en contact avec l'oxygne et comment ils ragissent ce contact.

On a galement retrouv du fer et de la pyrite dans le Mary Rose, ce qui est inquitant car, dans les atmosphres humides, les ions du fer peuvent catalyser la transformation du soufre en acide sulfurique en prsence d'oxygne. Les auteurs concluent que des traitements chimiques sont ncessaires pour la conservation long terme du navire. Ces traitements doivent supprimer ou stabiliser les composs rsiduels de fer et de soufre, tout en rduisant l'humidit et le contact du soufre avec l'oxygne.

Les membres du Trust Mary Rose sont d'ores et dj la recherche de tels traitements. Pour freiner la raction d'oxydation organo-soufre et empcher de nouvelles formations d'acide, les chantillons de bois du Mary Rose sont traits avec des antioxydants combins avec du polythylne glycol (PEG) des taux de concentration plus ou moins levs. Une autre approche permettant de ralentir la formation d'acide dans des bois archologiques traits avec le PEG consiste maintenir ces bois dans une atmosphre stable. On espre qu'en respectant un taux d'humidit constant 50-55 %, sans variation de temprature, les modifications des spciations de souffre seront stoppes. De mme, effectuer un traitement de surface devrait permettre de maintenir un microclimat stable dans la structure du bois, bien que l'efficacit de cette solution reste encore prouver.

Les recherches en cours sont considres comme une avance importante dans le programme de traitement de la coque du Mary Rose explique Mark Jones, le conservateur du Mary Rose.

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