News Release

Une équipe de recherche de l’Université McGill dresse une cartographie détaillée des menaces qui pèsent sur la biodiversité en eau douce

Des travaux pourraient aider les spécialistes de la conservation à déterminer les mesures à prendre et leur degré d’urgence

Peer-Reviewed Publication

McGill University

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Agricultural fields extend across a river floodplain, negatively impacting the aquatic species found in the freshwater system. The new study identifies agriculture as one of the most widespread pressures on freshwater biodiversity worldwide, with agricultural expansion and runoff affecting species across large parts of the globe.

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Credit: Maciej Cisowski

Selon une équipe de recherche de l’Université McGill, l’agriculture, les barrages et le lessivage des terres cultivées représentent les principales menaces pour la biodiversité en eau douce dans le monde, l’Europe et le nord-ouest de l’Afrique étant les régions les plus fortement touchées.

En appliquant une méthode de cartographie auparavant utilisée pour les espèces terrestres, l’équipe a recensé les zones où la biodiversité d’eau douce est menacée et cerné les activités humaines qui semblent en cause.

Elle estime que cette étude pourrait permettre aux spécialistes de la conservation de cibler les régions où les besoins sont les plus pressants.

« À l’heure où les espèces d’eau douce risquent de passer sous le radar des initiatives mondiales de protection de la biodiversité, ces cartes nous fournissent de nouvelles données de référence propres à ces espèces. Elles nous permettront d’orienter les efforts de conservation et de mieux cerner les régions où il pourrait être particulièrement important de mettre en œuvre différentes mesures de protection, explique Christophe Brabant, auteur principal de l’étude et doctorant. Cet enjeu nous concerne tous, pas seulement les biologistes, puisque les milieux d’eau douce nous procurent des ressources et des services indispensables, comme l’eau potable, la pêche et la protection contre les inondations. »

« Or, tout ça dépend, dans une certaine mesure, des espèces qui peuplent ces milieux », ajoute-t-il.

Quarante-cinq menaces répertoriées à l’échelle mondiale

L’équipe de recherche s’est appuyée sur les données de la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui recense l’état de conservation des espèces à l’échelle mondiale. Elle a cartographié les effets de 45 menaces sur plus de 21 000 espèces appartenant à cinq grands groupes taxonomiques d’eau douce : les mammifères, les reptiles, les poissons, les amphibiens et les odonates (libellules et demoiselles). L’équipe a ainsi obtenu 225 cartes, chacune représentant les effets d’une menace sur un groupe taxonomique donné, puis les a réunies pour dresser un portrait cumulatif des menaces qui pèsent sur la biodiversité d’eau douce.

Par la suite, elle a comparé ses résultats à des travaux antérieurs de cartographie des menaces pesant sur la biodiversité des vertébrés terrestres à l’échelle mondiale, et a constaté que les espèces d’eau douce étaient plus fortement menacées que les espèces terrestres et que les zones touchées différaient.

« En combinant ces données, nous avons pu calculer, pour chaque sous-bassin-versant, la probabilité qu’une espèce qui y vit soit touchée par une menace donnée », explique Christophe Brabant.
La nature des principales menaces variait selon les groupes d’espèces : l’agriculture nuisait surtout aux amphibiens et à certains insectes, notamment les libellules, alors que la chasse constituait une menace importante pour les reptiles et les mammifères.

Selon les chercheurs, les espèces d’eau douce ont été largement négligées dans les travaux antérieurs ou considérées principalement du point de vue des besoins humains, plutôt que dans une perspective de conservation. Or, bon nombre des régions les plus riches en espèces d’eau douce sont aussi celles qui subissent les pressions les plus importantes.

La recherche se poursuit

Cette étude est également la première à réunir les milieux terrestres et d’eau douce dans un même cadre d’analyse spatiale et à permettre une comparaison cohérente des menaces à cette échelle.
Les prochaines recherches porteront principalement sur les espèces et les régions où les besoins en matière de conservation sont les plus pressants », indique Lars Lønsmann Iversen, auteur en chef, professeur de biologie et membre associé de l’École de l’environnement Bieler.

« En repérant les zones à protéger et en déterminant si elles subissent de fortes pressions ou sont particulièrement menacées, nous pourrons mieux cibler les mesures à prendre », explique-t-il.

L’étude

L’article « The Global Geography of Threats to Freshwater Biodiversity », par Christophe Brabant, Laura Pollock, Jonas Geldmann, Mette Bendixen, Lise Comte, Harith Farooq, Katherine Hébert, Bernhard Lehner, Catherine A. Sayer et Lars Lønsmann Iversen, a été publié dans Science.

L’étude a été financé par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, le Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies, le Fonds Nouvelles frontières en recherche, Conseil danois de la recherche indépendante et Centre Villum pour la biodiversité montagnarde mondiale.


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