image: Caroline Hachem-Vermette, left, and Mahnoor Sohail
Credit: Concordia University
Les bâtiments vieillissants, obsolètes et peu écoénergétiques constituent généralement les cibles privilégiées des projets de renouvellement urbain. Mais plutôt que de les raser pour reconstruire un secteur entièrement à neuf, une nouvelle étude de l’Université Concordia propose un modèle qui permettrait à un quartier d’accroître son autonomie en matière de ressources locales tout en réduisant son empreinte carbone globale.
En prenant comme étude de cas le quartier de Pointe-Saint-Charles, une zone mixte industrielle, commerciale et résidentielle située dans le sud-ouest de Montréal, des chercheuses ont élaboré un cadre d’action à l’échelle du quartier qui vise à transformer les toits sous-utilisés, les terrains vagues et les stationnements en pôles locaux consacrés à l’alimentation, à l’énergie et à l’eau.
Comme décrit dans la revue Energies, ce modèle combine l’agriculture urbaine, l’énergie solaire, la récupération des eaux de pluie et les réseaux locaux de partage alimentaire. Il propose d’équiper les toits de serres, d’espaces verts ou de panneaux solaires en fonction du type de bâtiment, tandis que les terrains vagues pourraient être utilisés pour cultiver des produits agricoles.
Des auvents dotés de panneaux solaires au-dessus des stationnements pourraient produire de l’électricité sans réduire la capacité d’accueil, et l’eau de pluie récupérée pourrait servir à l’irrigation.
« Plutôt que de considérer l’alimentation, l’énergie et l’eau comme des systèmes distincts, notre approche étudie la manière dont ces éléments interagissent au sein d’un système intégré », explique Caroline Hachem-Vermette, auteure source et professeure agrégée au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental. « Au lieu d’essayer d’optimiser chaque système isolément, nous examinons comment ils peuvent fonctionner ensemble pour accroître l’autosuffisance locale en ressources tout en réduisant les émissions de carbone. »
Une approche à l’échelle du quartier
Les chercheuses ont divisé Pointe-Saint-Charles en 91 unités de quartier et évalué trois scénarios : le secteur tel qu’il existe aujourd’hui; une version prévoyant des interventions en matière d’alimentation, d’énergie et d’eau; et une troisième version qui ajoute un réseau permettant de partager, entre unités voisines, les aliments produits dans l’une d’entre elles. Les épiceries locales servaient de points de distribution, afin que les habitants puissent se procurer de la nourriture à moins de 15 minutes à pied.
« Cette étude se concentre sur l’échelle du quartier, où une unité de quartier en complète une autre; les excédents alimentaires d’une zone peuvent être facilement acheminés pour être consommés dans une autre où il y a un déficit », explique Mahnoor Sohail, doctorante et auteure principale de l’étude.
Les deux scientifiques estiment que ces changements pourraient permettre de produire quelque 407 tonnes de récoltes par an, soit suffisamment pour répondre à environ 30 % de la demande en aliments sélectionnés. Les panneaux solaires pourraient satisfaire environ 14 % des besoins énergétiques des bâtiments du quartier, tandis que les toits verts et les serres installées dessus pourraient contribuer à réduire les besoins en chauffage et en climatisation en offrant une isolation thermique supplémentaire.
Selon les chercheuses, les avantages environnementaux vont au-delà de la production locale. Le modèle estime que produire des aliments plus près de chez soi et de l’électricité renouvelable permettrait de réduire de 96 % les émissions liées au transport des aliments et de 27,5 % celles associées à l’électricité du réseau, sans compter les besoins en électricité liés au fonctionnement des serres.
Mise à jour et préservation
Le cadre a été conçu pour pouvoir être adapté à d’autres quartiers, mais sa mise en œuvre concrète nécessiterait tout de même une évaluation, des essais et l’obtention de permis à l’échelle locale.
« Ce type de transformation pourrait se dérouler par étapes, en fonction des priorités locales, précise Caroline Hachem-Vermette. Les quartiers existants pourraient être progressivement réaménagés afin de réduire la demande énergétique et les émissions de carbone, d’accroître la production locale d’énergies renouvelables et d’aliments, et de mieux utiliser les ressources en eau, tout en évitant les effets considérables liés à la démolition et à la reconstruction. »
Cette approche contribue également à préserver l’identité du quartier et la continuité du tissu urbain, selon elle.
« On observe une demande croissante en faveur d’un développement à échelle humaine, à l’image des villages. Cela se reflète dans des concepts tels que la “ville du quart d’heure”, où les gens peuvent se sentir liés à leur quartier et satisfaire davantage de leurs besoins quotidiens à proximité de chez eux, conclut la Pre Hachem-Vermette. La conception intégrée rassemble ces objectifs – décarbonation, production locale de ressources, utilisation efficace de l’eau et de l’énergie, et qualité du lieu – plutôt que de les traiter comme des défis distincts. »
Lisez l’article : « Proximity-Based Food-Energy-Water (FEW) Integration in a Neighborhood-Scale Montreal Case Study ».
Journal
Energies
Method of Research
Computational simulation/modeling
Subject of Research
People
Article Title
Proximity-Based Food–Energy–Water (FEW) Integration in a Neighborhood-Scale Montreal Case Study
Article Publication Date
13-Sep-2026
COI Statement
The authors declare no conflicts of interest.