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Les changements climatiques pourraient rendre le Haut-Arctique propice à l’émergence de pandémies : une étude de l’Université d’Ottawa

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University of Ottawa

Les changements climatiques pourraient rendre le Haut-Arctique propice à l’émergence de pandémies : une étude de l’Université d’Ottawa

image: The research team drilling holes in the ice at the H-Sed site with the northern shore of Lake Hazen in the background. view more 

Credit: Graham Colby /Université d’Ottawa

Une analyse génétique récente menée par une équipe de recherche de l’Université d’Ottawa révèle que la fonte des glaciers accroît le risque de débordement viral, ce qui donne à penser que les changements climatiques pourraient engendrer l’infection de nouveaux hôtes en Arctique.

Les scientifiques qui cosignent l’étude, Audrée Lemieux et Stéphane Aris-Brosou, ainsi que leurs collègues de la Faculté des sciences, sont les premiers à évaluer des données de séquençage d’ADN et d’ARN provenant de cet environnement en appliquant une méthode de biologie comparée. L’équipe a prélevé des échantillons dans le lac Hazen, le plus grand écosystème lacustre (lac d’eau douce) du Haut-Arctique, pour connaître l’incidence du ruissellement de l’eau d’origine glaciaire sur le risque de débordement viral, un phénomène qui correspond à la toute première infection d’un hôte par un virus.

« Par analyse comparative, nous démontrons que le risque de débordement viral augmente avec l’écoulement de l’eau issue de la fonte des glaciers, ce qui permet d’estimer les effets des changements climatiques », explique Stéphane Aris-Brosou, professeur agrégé au Département de biologie. « Si les changements climatiques venaient à déplacer vers le Nord des espèces pouvant agir comme réservoirs ou vecteurs viraux, le Haut-Arctique pourrait devenir propice à l’émergence de pandémies. »

Andrée Lemieux a mis au point un algorithme pour évaluer le risque de débordement viral. Les résultats indiquent un risque plus grand pour les échantillons prélevés de grands cours d’eau, qui contiennent plus d’eau d’origine glaciaire. Dans cette région, le réchauffement planétaire devrait faire augmenter la taille des glaciers, et donc la quantité d’eau de fonte, ce qui rendra les débordements viraux plus probables.

« Comme nous le démontrons, le risque de débordement viral augmente dans les sédiments d’un lac du Haut-Arctique, un milieu qui se réchauffe déjà plus vite que le reste de la planète », fait valoir Audrée Lemieux, à l’époque étudiante au baccalauréat en biologie. « C’est pourquoi nous jugeons opportun de poursuivre ce type d’analyse et d’assurer une veille, pour atténuer les effets d’un débordement viral futur. »

Le professeur Aris-Brosou estime que les résultats ne permettent pas d’exclure un scénario du type Ebola ou SARS-CoV-2, à savoir une situation d’« exposition répétée à de nouveaux hôtes non immunisés contre le virus en question ». L’augmentation du risque de débordement viral et le déplacement vers le nord de l’aire de répartition de certaines espèces, deux effets des changements climatiques, risquent d’avoir des conséquences désastreuses sur la zone étudiée.

« Les changements climatiques et les pandémies transforment notre réalité, si bien qu’il est désormais essentiel de comprendre les interactions entre les deux phénomènes », estime le professeur, dont l’équipe s’affaire maintenant à concevoir une méthode servant à établir si les virus identifiés diffèrent de ceux connus à nos latitudes ou déjà répertoriés.

Audrée Lemieux, Graham A. Colby, Alexandre J. Poulain et Stéphane Aris-Brosou. « Viral spillover risk increases with climate change in High Arctic lake sediments », Proceeding of the Royal Society B. DOI : 10.1098/rspb.2022.1073


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