Transporter l'électricité sans aucune perte d'énergie : c'est la promesse fascinante de la supraconductivité. Depuis près de 40 ans, les scientifiques cherchent à percer les secrets des matériaux qui présentent cette propriété à des températures relativement élevées. Mieux les comprendre pourrait un jour contribuer à rendre les réseaux électriques plus efficaces, améliorer les technologies médicales et soutenir le développement de l'informatique quantique.
Parmi les matériaux les plus prometteurs figurent les cuprates, une famille de composés à base de cuivre découverte en 1986, une percée qui a valu le prix Nobel de physique à Bednorz et Müller, dès l'année suivante. Malgré des décennies de recherche, les mécanismes qui permettent aux cuprates de devenir supraconducteurs demeurent mal compris.
Au cœur de cette énigme se trouve le pseudogap, un état quantique mystérieux dont le rôle exact fait encore débat. Certains scientifiques pensent qu'il favorise l'apparition de la supraconductivité, tandis que d'autres y voient plutôt un phénomène concurrent.
C'est précisément cette question qu'a explorée l'équipe du professeur à l’INRS Fabio Boschini, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en dynamique des matériaux quantiques et détenteur d’une bourse Alfred P. Sloan en physique de la Fondation Alfred P. Sloan. Dans une étude publiée dans la revue Nature Physics, son équipe montre que le pseudogap et la supraconductivité semblent davantage se faire concurrence que de se renforcer mutuellement.